Le Maroc veut faire avancer son plan d’autonomie au Sahara, mais Guterres veut consulter les Sahraouis
António Guterres propose de soumettre le futur statut d’autonomie du Sahara à une consultation de la population sahraouie. Une nouvelle exigence qui intervient alors que le Maroc cherche à consolider ses acquis diplomatiques avant le vote du Conseil de sécurité de l’ONU, prévu le 31 octobre.
Le plan d’autonomie marocain devra-t-il être approuvé par les Sahraouis eux-mêmes ? C’est la question que soulève António Guterres dans son dernier rapport sur le Sahara, transmis le 1er octobre au Conseil de sécurité. Le secrétaire général de l’ONU préconise un « véritable processus de consultation » permettant à la population d’accepter ou de rejeter librement le futur statut. Une recommandation détaillée ce lundi 12 octobre par le quotidien espagnol El País.
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Guterres estime que toute proposition de règlement doit garantir l’exercice du droit à l’autodétermination. Cette formulation introduit une question importante dans les discussions engagées autour de l’initiative marocaine : celle de l’approbation du statut par les populations concernées.
En octobre 2025, le Conseil de sécurité avait placé le plan d’autonomie marocain au centre des négociations, avec l’adoption de la résolution 2797. Rabat a depuis présenté une version développée de son projet, prévoyant notamment un gouvernement, un Parlement et des compétences de police pour la future région autonome.
Une consultation sur l’autonomie plutôt que sur l’indépendance ?
La distinction est au cœur du débat. La consultation envisagée par Guterres porterait sur l’acceptation d’un statut d’autonomie, tandis que le Front Polisario continue de réclamer un référendum incluant l’option de l’indépendance. Le Maroc privilégie, pour sa part, une approbation du statut dans le cadre de sa souveraineté, avec un vote auquel participeraient l’ensemble des Marocains.
Devant le Conseil de sécurité, jeudi 8 octobre, l’envoyé personnel de l’ONU, Staffan de Mistura, a lui aussi insisté sur la nécessité d’obtenir l’adhésion des populations au règlement négocié. Selon El País, le diplomate a rappelé qu’une autonomie ne pouvait être simplement imposée.
Les États-Unis occupent une place centrale dans cette séquence. Washington, qui soutient la souveraineté marocaine sur le Sahara depuis 2020, doit préparer le projet de résolution soumis au vote avant le 31 octobre. L’administration américaine a déjà organisé plusieurs cycles de discussions entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, sans parvenir à débloquer les principaux désaccords.
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Le rapport de Guterres aborde également l’avenir de la MINURSO. Le secrétaire général recommande de prolonger son mandat d’un an, jusqu’au 31 octobre 2027, alors que Rabat et Washington souhaitent revoir les missions de cette force déployée depuis 1991. La réforme de son fonctionnement pourrait accompagner les prochaines étapes du processus politique.
Le Conseil de sécurité doit désormais se prononcer sur la reconduction de la mission et le cadre des futures négociations. La proposition de consultation figure parmi les recommandations du secrétaire général, dont le deuxième mandat à la tête des Nations unies s’achèvera le 31 décembre.