Mort de Badr : la défense de « ould lefchouch » fragilisée
Le procès des accusés dans l’affaire du jeune Badr, mortellement fauché sur le parking d’un fast-food, a donné lieu à une audience électrique. Entre pertes de mémoire, témoignages accablants et débats techniques, le procès est renvoyé au 19 juin.
L’audience a rapidement pris des allures de bras de fer judiciaire. Le représentant la partie civile a réclamé des débats strictement objectifs, estimant que toute digression portait préjudice à ses clients. Dans le camp adverse, l’avocat du mis en cause surnommé « ould lefchouch », a fermement défendu la présomption d’innocence. Jugeant que « toutes les parties sont égales devant la loi », il a réclamé l’accès au rapport d’autopsie détaillé ainsi que sa traduction, tout en fustigeant l’étiquette de suspect principal collée à son client.
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À la barre, l’accusé a opté pour la stratégie de l’amnésie. Il a affirmé n’avoir aucun souvenir du drame, justifiant ce trou noir par un mélange d’alcool, de stupéfiants et de médicaments psychiatriques. Fuite à Marrakech, appels à sa famille, demande de réparation du véhicule ou retrait de la plaque d’immatriculation : il a tout nié en bloc. Face à ce mur, la partie civile a pointé du doigt de flagrantes contradictions avec ses déclarations enregistrées lors de sa garde à vue. Pour y voir plus clair, la défense a exigé le visionnage des caméras de vidéosurveillance afin d’identifier formellement le conducteur.
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Cette version a toutefois été fragilisée par l’un des coaccusés. Ce dernier a formellement désigné Ashraf comme étant au volant de la voiture ce soir-là, assurant qu’il semblait totalement lucide de la soirée jusqu’à leur fuite vers Marrakech. Le ministère public a enfoncé le clou en l’interrogeant sur la disparition de son téléphone et le démontage de la plaque minéralogique. Le procureur a surtout relevé l’incohérence de son amnésie, l’accusé ayant étrangement réussi à décrire la tenue vestimentaire de la personne censée conduire. Face à ces zones d’ombre, la cour a reporté le dossier au 19 juin.