On écrit à Libé : Lettre ouverte à Mme la ministre chargée des MRE

- 11h09 - Maroc - Ecrit par :

Je vous narre ci-après la mésaventure qu’a dû endurer une M.R.E. venue d’Italie début août de cette année pour passer 30 jours de congé avec son mari et ses 2 enfants.

Ledit mari l’emmène chez ses parents et 3 jours plus tard, il part pour soi-disant visiter ses propres parents. Et puis silence radio !
Après 3 semaines, l’épouse reçoit une citation à comparaître devant le juge en vue du divorce.
Il est à noter que ce couple est marié depuis presque 10 ans, que l’épouse réside en Italie et que leurs enfants sont nés là-bas. A noter également que le mari, en quittant sa belle-famille, a pris le passeport et la carte de séjour de son épouse, documents sur lesquels figurent également les enfants. Vers la fin du même mois, le mari quitte tranquillement le Maroc et rejoint l’Italie. Voilà comment ces femmes sans histoire sont embarquées ainsi que leurs familles dans un cycle infernal.
Commence alors le parcours du combattant qui les conduira du commissariat du quartier au ministère de l’Intérieur en passant par le bureau du procureur du Roi, aux locaux de la PJ, au consulat d’Italie, à la préfecture, aux fondations Mohamed V et Hassan II et j’en passe … Il s’agit en fait de renouveler les documents subtilisés.
Mais là où le bât blesse, c’est qu’aucun de ces organismes ne semble, à quelques exceptions près, réellement affecté par la détresse des victimes.
Pourtant, au début de chaque période estivale, tous les Marocains sont témoins devant leur petit écran de la sollicitude de notre Roi envers ces MRE et tous les témoignages diffusés sur les 2 chaînes nationales donnent l’impression que tout baigne !! Le message du Souverain est à chaque fois clair et précis : les M.R.E. doivent être épaulés dans toutes leurs démarches. La réalité est tout autre. Il y a bien un sous secrétariat chargé des M.R.E, mais si ce ministère n’est pas en mesure de trouver des solutions rapides et efficaces aux problèmes de cette catégorie de Marocains, ce « ministère des 3 mois d’été » n’a plus sa raison d’être.
Nous avons entendu parler d’un guichet unique pour les investisseurs. L’idée est là.
Et un guichet unique dans ce ministère, en étroite collaboration avec les différents consulats et ambassades à forte densité d’immigrés marocains ainsi qu’avec les autres départements concernés serait un atout. Car pour le consulat d’Italie par exemple, un cas comme celui-ci est un problème maroco-marocain alors que ce n’est pas vrai. Les enfants de ce couple sont italiens puisque nés sur le sol italien, leur mère dispose d’une carte d’identité italienne, d’un permis de conduire italien et d’une carte de séjour italienne et ce depuis 9 ans et demi.
Les multiples démarches entreprises dans les différents services et administrations cités plus haut, nous ont d’une part édifié sur le marathon qui attend les Marocaines et Marocains dans cet Etat et nous ont permis d’autre part de côtoyer des hommes et des femmes dont les situations sont sinon plus inquiétantes, voir dramatiques.
En fait, cette jeune femme dont il est question dans cet article, c’est ma fille.

B. ALAOUI-Casa

Libération, Maroc

  • Homme/femme : mode d′emploi

    Le nouveau Code de la famille régit quatre grandes périodes de la vie conjugale : avant le mariage, le mariage, le divorce et ses suites. Nous les avons décortiquées pour mieux cerner les réelles avancées mais aussi les lacunes des propositions de la commission.

  • Procès du 16 mai : islamistes, Le réveil timide des droits humains

    Enlèvements, disparitions, tortures, droit à un procès juste et équitable bafoué... Depuis les attentats du 16 mai, le Maroc semble renouer avec des "pratiques" que l′on croyait révolues. Face à ces atteintes graves aux droits humains, l′AMDH et l′OMDH, les deux principales associations, ont mis un sérieux coup de frein à leur zèle habituel. Attitude délibérée ou pression étatique ?

  • Le calvaire de M. Hanafi au Consulat de France à Casablanca

    Victime d'un vol, une famille marocaine résidant en France a trouvé d'énormes difficultés pour décrocher son visa de retour.Ce qui est arrivé à M. Hanafi Mustafa, un Marocain résidant en France, est digne d'être qualifié de "parcours infernal". Cet homme de 41 ans, marié et père de deux enfants de 11 et 3 ans, est, comme à son habitude, venu, cet été, visiter son pays d'origine avec sa petite famille. Or, son voyage, cette fois-ci, s'est transformé en une mésaventure dont il se souviendra toujours.

  • Forte affluence au consulat de France

    Août est un mois de forte activité au consulat de France à Fès. Cette période de l'année connaît une grande affluence des demandeurs de visa. Entre les MRE (Marocains résidents à l'étranger) qui veulent accueillir leurs proches et les touristes qui cherchent passer leurs vacances en Europe, les dossiers traités se comptent par centaines. "Depuis le début du mois, on reçoit, quotidiennement, entre 200 et 300 demandes de visa", indique Alain Larose, consul général à Fès.

  • Une ONG américaine appelle au retour d'enfants marocains déportés à Cuba

    L'ACMP, une ONG américaine qui oeuvre pour la libération des prisonniers marocains détenus à Tindouf, a appelé au retour de centaines, voire de milliers, d'enfants marocains kidnappés, séparés de leurs parents et transférés de façon illégale à Cuba.

  • « Jamais tu n'auras tes papiers »

    Des femmes étrangères vivant en France ne peuvent obtenir de carte de séjour, faute d'un accord de leur mari. C'est le cas de Safia. Battue, elle a quitté le domicile conjugal, et se retrouve hors la loi.

  • Lettre ouverte à Madame Nezha Chekrouni

    Madame le ministre, Nous étions très fier quand vous avez été nommée par S.M le roi au poste de ministre des RME et nous avons rêvé que vous résoudrez les problèmes des RME. Mais après un an il n'y a rien de changé, au contraire les choses se sont aggravées.

  • Sahraouis déportés à Cuba : Récits des tragédies des camps de la honte

    Mlle Saadani Maalainine, sociologue, ex-déportée à Cuba qui a regagné la mère-patrie l'an dernier, a fortement ému les participants à un séminaire organisé, samedi, en Italie sous le thème "Un engagement pour la liberté", par un témoignage bouleversant sur sa propre expérience alors qu'elle n'avait que cinq ans.

  • Statut de la femme : contre la perversité des textes, les astuces de la réalité

    Mhammed Boucetta, ancien sectaire général du parti de l'Istiqlal et ex ministre d'État sous Hassan II aux Affaires étrangères du Maroc vient de soumettre au Roi Mohammed VI l'avant projet de la Moudawana devant réformer le statut de la femme dans la société marocaine. On ne connaît pas encore dans le détail les résultats de la commission qui a été chargée par le souverain marocain de trouver un modus vivendi entre les partisans de l'égalité intégrale entre hommes et femmes et les tenants des positions conservatrices et rétrogrades. Mais il est d'emblée certain qu'elles ne feront pas l'unanimité.

  • Sahara : Veut-on éloigner des témoins ?

    Ils sont une vingtaine. Tous sont rattachés au ministère de l′Enseignement, qui, instituteur, qui, surveillant général, qui, directeur… Parallèlement à leurs activités professionnelles, tous sont connus pour leur activisme syndical (CDT), politique (GSU) et en matière de droits humains (AMDH, FVJ). Ils habitent et exercent dans les provinces du Sud, à Laâyoune, Dakhla, Smara… Le 5 septembre, comme des milliers d′autres, ils ont effectué leur rentrée scolaire. Pourtant, le 26 septembre dernier, ils ont eu la surprise de recevoir une lettre de "mutation" dans d′autres régions (Asilah, Chichaoua, Errachidia…), au motif qu′ils devaient pourvoir des places laissées "vacantes".