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France : une « opération burkini » pour protester contre les discriminations

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22 mai 2019 - 09h00 - Société

Pour protester contre les règlements intérieurs des piscines qu’elles jugent « discriminatoires », des femmes musulmanes soutenues par le collectif « Alliance citoyenne » ont organisé vendredi 17 mai dernier, une "opération burkini" dans une piscine municipale de Grenoble (sud-est de la France).

Elles étaient une dizaine de femmes musulmanes soutenues par le collectif « Action citoyenne » et vêtues de maillots de bain couvrants, aussi appelés “burkinis”. Ces femmes entendent ainsi protester contre les règlements intérieurs des piscines municipales qu’elles jugent “discriminatoires”.

Tout est parti du règlement intérieur de la piscine, selon lequel, la seule tenue de bain autorisée est le maillot une ou deux pièces qui recouvre « au minimum la partie située entre le haut des cuisses et la ceinture et au maximum la partie située au-dessus des genoux et au-dessus des coudes ». Ce règlement n’est pas du goût des femmes musulmanes qui y trouvent des mesures discriminatoires et disent en avoir marre que ces piscines imposent un maillot de bain traditionnel.

Selon Taous Hammouti, une militante du collectif « Alliance citoyenne » qui se confiait au Dauphiné Libéré, « les maillots de bain couvrants n’enfreignent ni les conditions d’hygiène, ni les conditions de sécurité prévues par le règlement intérieur de ces piscines ». Pour la militante, par ce mouvement de protestation, « on défend notre liberté, la liberté de toutes les femmes. Certaines femmes sont pudiques et ne veulent pas mettre de maillot de bain deux pièces”, indique-t-elle, précisant que ce n’est pas seulement par « conviction religieuse ». « On ne comprend pas pourquoi ça peut choquer certaines personnes », ajoute la militante.

Une première action du collectif a consisté à lancer une pétition demandant la modification du règlement des piscines, fait observer Libération. Cependant, malgré près de 400 signatures recueillies, elles n’ont pas pu obtenir un rendez-vous avec les services municipaux en septembre dernier. C’est alors qu’elles sont donc passées à l’action vendredi, provoquant des réactions mitigées. Même si sur place, « la directrice de l’établissement et le personnel de la piscine ont tenté de les refouler » comme le rapporte le média local Place Gren’et, le maire de la ville de Grenoble qui n’a pas jugé nécessaire d’envoyer la police, a d’ores et déjà proposé un rendez-vous avec le collectif.

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