« Aucune pression, aucune menace, aucun chantage » : Mohammed VI prévient l’Espagne

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : Nadia El Aoudani

Le roi Mohammed VI a dénoncé, vendredi devant le Parlement, les obstacles judiciaires qui compliquent le rapatriement de mineurs depuis l’Espagne. Après la crise migratoire de Sebta, le souverain estime que le modèle actuel de coopération a atteint ses limites et annonce une nouvelle proposition aux partenaires du Maroc.

Des mineurs toujours présents à Sebta, des rapatriements difficiles et une coopération qui ne fonctionne plus comme prévu. Dans son discours prononcé vendredi 9 octobre devant le Parlement à Rabat, Mohammed VI a directement mis en cause certaines règles et décisions de justice qui, selon lui, empêchent le retour de migrants vers le Maroc.

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Le souverain a dénoncé « certaines dispositions légales dépassées et des décisions judiciaires éloignées de la réalité », qui entravent le rapatriement des mineurs et de personnes qu’il accuse d’usurper le statut de réfugié. Il estime que ces obstacles profitent aux réseaux criminels organisant les passages clandestins.

Ces déclarations interviennent après la crise migratoire de fin juillet, lorsque des dizaines de milliers de personnes ont rejoint Sebta depuis le Maroc. Si une grande partie a depuis regagné le Royaume, des mineurs demeurent sous la responsabilité des autorités espagnoles.

Le Maroc avait déjà proposé de faciliter leur retour. Début août, le gouvernement espagnol avait cependant rappelé que chaque rapatriement devait respecter les droits de l’enfant et tenir compte de sa situation familiale. Madrid envisageait également de transférer des mineurs vers des structures d’accueil sur le territoire péninsulaire.

Le Maroc annonce une nouvelle proposition de coopération

Mohammed VI considère désormais que les difficultés ne se limitent pas à la dernière crise de Sebta. « Le modèle actuel de coopération a atteint ses limites », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant les avancées réalisées avec l’Espagne dans la lutte contre l’immigration irrégulière.

Le souverain a également répondu aux critiques formulées dans certains milieux politiques et médiatiques espagnols, qui accusent Rabat de ne pas suffisamment contrôler les départs. Il a rappelé que la coopération du Maroc constitue « un choix souverain et un engagement volontaire », qui ne saurait faire l’objet « d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage ».

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Le Royaume entend désormais présenter à ses partenaires un document exposant une nouvelle vision de cette coopération. Trois orientations ont été annoncées : le codéveloppement, la compétitivité économique et la stabilité régionale.