Procès du meurtre de Marwane Souidi : les profils psychologiques des accusés dévoilés
Le procès de Jérémy B. et Agnès M., les meurtriers présumés de Marwane Souidi, torturé à mort le 26 septembre 2022 à Saint-Germain-lès-Arpajon (Essonne), s’est ouvert ce lundi 6 octobre devant la cour d’assises de l’Essonne à Évry-Courcouronnes. Les profils psychologiques des accusés était au cœur des débats en ce premier jour.
Jérémy B. et son ancienne petite amie Agnès M., tous deux trentenaires, sont accusés d’avoir torturé puis étranglé à mort Marwane, 25 ans, le 26 septembre 2022. Le corps de la victime, originaire de Lagny-le-Sec (Oise), a été découvert deux mois plus tard à l’intérieur d’une malle sous un ascenseur à Rives-en-Seine (Seine-Maritime), rappelle Le Parisien. Les profils psychologiques de Jérémy, poursuivi pour meurtre avec acte de barbarie, et celui de sa complice Agnès, ont été dressés par un expert lors de la première journée de procès devant la cour d’assises de l’Essonne à Évry-Courcouronnes.
À lire : Bruxelles : procès des meurtriers d’un Marocain, torturé à mort
Ce dernier est revenu sur l’enfance d’Agnès, seconde fille d’une fratrie de quatre enfants. La jeune femme a vécu cette étape de sa vie dans une grande précarité, avec un père en situation irrégulière, sans travail, alcoolique et violent. Selon l’expert, Agnès a été plusieurs fois témoin des violences de son père envers sa mère, ce qui a affecté sa vie de jeune femme. « Agnès présente un problème affectif. Elle peut ainsi manquer de discernement face à un homme, et vite se retrouver sous emprise », explique l’enquêteur de personnalité. À peine elle rencontre Jérémy, sur son lieu de travail à l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne), qu’elle accepte de l’héberger dans son appartement de Saint-Germain-lès-Arpajon (Essonne). Au fil du temps, la relation devient toxique. Le jeune homme l’éloigne de sa famille pour mieux la contrôler. Il l’initie aux drogues dures, notamment la 3-MMC.
À lire : France : procès des meurtriers de Zaccaria Aboulfadl, poignardé à mort en 2013
Quant à Jérémy, il a connu une enfance relativement heureuse, malgré des disputes. Le trentenaire raconte avoir été initié aux drogues dures à l’âge de 11 ans et qu’il entretenait une relation compliquée avec sa famille, notamment sa sœur. Dans son adolescence, il a été victime d’une chute d’un toit de 8 m de haut. Grièvement blessé, il est resté dans le coma pendant près d’un mois. « Les troubles et lésions du cerveau créent une réorganisation des facultés, et peuvent engendrer des délires », explique une psychiatre à la barre. Toutefois, Jérémy n’a pas perdu son sens de discernement, assure l’expert qui ajoute que le jeune homme a été aussi marqué par la tentative de suicide de son père qu’il a confié avoir découvert « une corde autour du cou, assis sur une chaise ».
À lire : Amsterdam : 30 ans de prison pour les meurtriers d’un Marocain
Marwane, ami d’enfance de Jérémy, est régulièrement roué de coups lors de son séjour au domicile des deux accusés. D’après des témoignages, Jérémy aurait convaincu Marwane qu’il était possédé, et que « le faire saigner fait sortir ses démons ». Mais la situation vire au drame le 25 septembre 2022. Après avoir « copieusement » bastonné Marwane, selon le récit d’Agnès, Jérémy lui aurait enfoncé un gant dans la bouche, puis l’aurait ensuite ligoté à une chaise avec du scotch avant de lui enrouler une ficelle autour du cou et de l’attacher à la poignée de porte des toilettes. Il tire plusieurs fois sur la corde pour étrangler Marwane qui finit par rendre l’âme. Les médecins légistes ont témoigné ce mardi sur la cause du décès. Le verdict est attendu vendredi.