Le Maroc dit non à l’expulsion de Karim Mohamed-Aggad

- 11h00 - France - Ecrit par : S.A

L’assignation à résidence de Karim Mohamed-Aggad, fiché S, frère de Foued, le troisième kamikaze de l’attaque terroriste qui avait touché la salle de spectacles du Bataclan le 13 novembre 2015 a créé une psychose parmi les habitants de Lure. Il devrait être bientôt expulsé vers le Maroc.

Le maire de Lure (Haute-Saône) s’inquiète pour la sécurité de ses administrés. À l’origine de cette inquiétude, l’assignation à residence de Karim Mohamed-Aggad, fiché S. « Des inquiétudes […] commencent à remonter depuis plusieurs semaines » à Lure en raison du profil de l’homme. « Il y a eu des alertes sur les réseaux sociaux, des salariés dans les grandes surfaces, de la CPAM qui se sont inquiétés », a-t-il ajouté. Lundi, l’édile a appelé l’État face à la « psychose naissante » dans sa commune autour de la présence de cet homme de 34 ans, rapporte L’Est Républicain. « Je demande d’organiser une rotation (entre plusieurs lieux de résidence, NDLR) en attendant que l’expulsion soit validée par les pays d’accueil », a déclaré à Eric Houlley, maire socialiste de Lure, commune d’environ 8 000 habitants.

À lire :L’expulsion de Karim Mohamed-Aggad vers le Maroc se précise

En novembre 2023, Élisabeth Borne, Première ministre d’alors a déchu de sa nationalité française Karim Mohamed-Aggad. Né père algérien et de mère marocaine, il a grandi à Wissembourg dans le nord du Bas-Rhin. Connu de la justice française, il a été condamné à neuf ans de prison en 2016 pour avoir rejoint l’État islamique (EI). À l’époque, Karim était parti avec son petit frère, Foued Mohamed-Aggad, pour un séjour en zone irako-syrienne entre décembre 2013 et avril 2014. Placé au centre de rétention administrative de Metz après la déchéance de nationalité française, il a été assigné à résidence à Lure fin juin 2024 par arrêté du ministre de l’Intérieur en attendant son expulsion du territoire. Seul problème : ni l’Algérie ni le Maroc n’ont délivré le laissez-passer consulaire indispensable à son expulsion, fait savoir la même source. « Tout n’a pas été fait au niveau de l’État central […] pour aboutir à un résultat et éviter qu’on ait cette psychose naissante », estime l’élu socialiste.

À lire :Karim Mohamed-Aggad n’est plus Français, il est expulsable vers le Maroc

Pour le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, il est temps de « changer les règles ». « On doit changer les règles de droit. Je suis pour un État de droit mais l’état du droit, actuellement, est en train de nous paralyser. C’est pour ça que je plaide auprès de la Commission (européenne) pour changer la politique retour, la politique des éloignements », a-t-il déclaré, en marge d’un déplacement à Strasbourg.

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