Royal Air Maroc : s’adapter ou mourir

- 12h00 - Maroc - Ecrit par : I.L

Face à la période délicate que traverse Royal Air Maroc, Malika Lahnait, avocate au barreau de Paris, spécialiste du droit du transport aérien et du tourisme, revient sur l’impact de la pandémie du coronavirus sur le tourisme marocain et la RAM. 

Dans sa présentation de la situation de RAM publiée par le site atlasinfo, l’avocate rappelle "que le secteur du transport aérien est en proie à la pire crise de son histoire. Tout comme RAM, la trésorerie des compagnies aériennes est au rouge en raison de l’absence totale de recettes alors que les charges fixes sont extrêmement importantes.

Se référant à la dernière sortie médiatique du directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), Malika Lahnait souligne que le manque à gagner généré par le covid-19 est estimé à 252 milliards de dollars. Au cours de son intervention, il a invité les gouvernements à agir au plus vite, à travers un apport financier conséquent, pour éviter que "nous nous retrouvions à court de liquidités et que près de la moitié des compagnies meurent à cause du coronavirus".

S’agissant de RAM, elle soutient que la compagnie aérienne nationale négocie avec ses partenaires pour réduire ses charges fixes et préserver sa trésorerie. À l’en croire, l’enjeu est de tenir jusqu’à la prochaine période de réservations pour la saison estivale 2021. Cette période est indiquée (fin mars-fin octobre) pour recommencer à avoir des rentrées de cash significatives. L’été 2020 semble à ce jour quelque peu compromis en raison de la fermeture de l’espace aérien européen jusqu’en septembre 2020 a priori, précise-t-elle.

D’après l’avocat-conseil, Royal Air Maroc pourra cependant compter sur la reprise rapide du trafic via les MRE, dès lors que seront levées toutes les contraintes (fermeture de l’espace aérien au Maroc et dans les pays émetteurs).

À titre d’exemple, elle cite le cas édifiant d’Air France, qui a bénéficié du soutien de l’État français pour relever sa garantie pour des prêts à hauteur de 7 milliards d’euros afin d’atténuer les effets économiques de l’épidémie. Cette aide fournira à la compagnie les liquidités dont elle a besoin pour résister aux répercussions de la pandémie, soutient-elle. Comptant sur le patriotisme des dirigeants, elle forme le vœu que le gouvernement soutiendra la compagnie nationale afin qu’elle puisse poursuivre son activité et ses missions. Elle ajoute par ailleurs RAM est en effet une entreprise stratégique qui fait partie du patrimoine national et contribue à son rayonnement à l’international.

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