« Le système monarchique marocain est le meilleur du monde arabe »
L’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a livré une analyse politique incisive lors d’une rencontre avec les jeunes de son parti (PJD) ce dimanche 9 novembre. Mêlant critiques acerbes du gouvernement actuel et défense de l’institution monarchique, il a également revendiqué une part de responsabilité dans les récentes manifestations de la « Génération Z ».
S’exprimant à Marrakech, le secrétaire général du PJD a réaffirmé son soutien à l’institution royale, qualifiant le « système monarchique marocain du meilleur du monde arabe ». Il a estimé que la monarchie « garantit non seulement la stabilité, mais protège aussi les faibles contre la domination des puissants ».
Cette défense de la monarchie s’est accompagnée d’une critique de la classe politique, y compris de son propre parti. M. Benkirane a affirmé que « lorsque les partis luttaient pour des principes, l’intérêt du peuple à leur égard était élevé, mais lorsque les négociations et les arrangements ont commencé, les gens ont perdu confiance en eux ». Il a distingué les partis « nés du peuple » comme le PJD ou l’Istiqlal, de ceux « établis par l’État » comme le RNI ou le PAM.
« Quand le gouvernement n’écoute pas, la société explose autrement »
L’ancien Premier ministre n’a pas mâché ses mots envers l’exécutif actuel, déplorant son manque de communication. « Je ne connais pas les ministres d’aujourd’hui. […] Aujourd’hui, personne ne parle », a-t-il lancé, avant de cibler directement son successeur : « M. Aziz Akhannouch n’a pas d’expérience politique. Il est entré en politique avec son argent, mais la politique ne se résume pas à l’argent ».
Abdelilah Benkirane a établi un lien direct entre le silence du gouvernement et les récentes manifestations de la « Génération Z ». Il a affirmé que son parti avait « contribué à l’émergence » de ce mouvement en révélant les « dysfonctionnements du gouvernement », qui n’y a « prêté aucune attention ». « Lorsque le gouvernement n’écoute pas, la société explose autrement », a-t-il averti.
Il a également critiqué le projet de loi visant à subventionner les campagnes des jeunes candidats aux élections, y voyant une mesure « inutile » et une « forme de clientélisme ». Selon lui, les jeunes sont descendus dans la rue pour corriger de réels déséquilibres, et non par manque de soutien financier pour s’engager.
Parmi les autres sujets abordés, M. Benkirane s’est opposé à l’augmentation des quotas de femmes au Parlement, estimant que le nombre actuel était suffisant. Il a également vivement critiqué la décision du ministère des Affaires islamiques d’unifier les prêches du vendredi, y voyant une mesure qui « pourrait menacer la prière du vendredi elle-même » en lui faisant perdre sa « vitalité ».