Ukraine : Des Marocains contraints de combattre contre la Russie
Des Marocains naturalisés ukrainiens se seraient enrôlés dans l’armée ukrainienne pour aller au front contre l’armée russe.
« Un groupe de Marocains à double nationalité a rejoint l’armée ukrainienne ces derniers jours et se trouve actuellement sur les lignes de front contre les forces russes. D’autres prévoient de se soumettre à l’enregistrement obligatoire, dont la période prendra fin le mois prochain », écrit Hespress. L’un d’eux a confié au média avoir pris cette décision, « car il n’y avait pas d’autre solution pour moi », confirmant que « de nombreux Marocains ont rejoint la conscription ces derniers jours et se trouvent actuellement sur les lignes de front contre la Russie ».
Le Maroco-ukrainien souligne que leur refus de rejoindre l’armée ukrainienne aurait entraîné « des obstacles fiscaux, allant jusqu’au gel des comptes bancaires ». Il déplore l’inaction « des autorités marocaines pour convaincre leurs homologues ukrainiennes d’arrêter ce processus, ce qui nous a poussés à nous résigner à la réalité ». « C’est la voie de la guerre et il n’y a pas de retour en arrière, et la probabilité de mourir ou d’être blessé est très élevée ».
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La loi sur la conscription obligatoire est entrée en vigueur en Ukraine le 18 mai dernier. Elle constitue, selon les autorités du pays, « un moyen de combler le manque énorme de soldats tués dans la guerre contre la Russie ». Avec l’interdiction de voyage à l’étranger pour les détenteurs de double nationalité, l’ambassade des États-Unis a récemment conseillé à ses ressortissants de respecter les instructions des autorités locales. « Kiev ne considère les personnes à double nationalité que comme des citoyens devant défendre leur patrie », a expliqué Andriy Demchenko, porte-parole du Service des frontières de l’Ukraine, dans un entretien accordé à la revue américaine « Politico ».
De son côté, la Russie aussi a « enrôlé des jeunes Africains dans sa guerre contre l’Ukraine, et a menacé ce groupe, principalement composé d’étudiants, de nombreuses sanctions, comme le non-renouvellement de leur permis de séjour étudiant en cas de refus », fait savoir l’agence Bloomberg, citant des responsables européens.