Achat en ligne : ce qu’en pensent les internautes marocains

18 novembre 2008 - 18h49 - Ecrit par : A.S

92% des internautes marocains pensent que le commerce en ligne va se développer dans les deux ans à venir et 96% estiment que c’est souhaitable. Ce sont les statistiques qui ressortent d’une étude de marché réalisée récemment par le cabinet On Line Commerce, à travers un questionnaire adressé à 1000 internautes à travers le pays.

L’étude révèle que le principal frein à l’achat en ligne est le manque de confiance dans les transactions, facteur cité par 34% des répondants. Cette tendance se confirme aussi bien chez les internautes qui ont déjà fait des achats en ligne que chez ceux qui n’en ont jamais fait.

Cependant, le comportement des internautes lorsqu’il s’agit d’achat par Internet est très révélateur des arbitrages en matière de consommation des futurs clients des commerces virtuels. Ainsi, parmi ceux qui ont déjà fait des achats par Internet (266), 56% affirment avoir procédé à des achats sur des sites étrangers.

Comment ont-ils fait, sachant qu’en pareil cas, il faut disposer de cartes de crédit valables à l’international ? En fait, seuls 10% de ces acheteurs en ligne affirment l’avoir fait grâce à leurs propres cartes tandis que 10% l’ont fait par des moyens détournés (cartes étrangères prépayées, virements...), 29% ont eu recours à la famille ou à des amis (installés au Maroc ou à l’étranger) pour payer à leur place et 7% ont profité d’un voyage à l’étranger pour faire ces achats.

Les Marocains préfèrent payer à la livraison

Parmi les sites marchands préférés des internautes figurent beaucoup de sites étrangers, notamment les Trois Suisses, la Redoute, la Fnac, ou encore, dans une moindre mesure, Amazon et e-bay. Notons que les internautes qui n’ont jamais tenté d’acheter en ligne sont loin d’être réfractaires à l’idée d’y procéder à l’avenir. En effet, 36% d’entre eux pensent faire un achat dans moins de trois mois. Les modes de paiement préférés des internautes sont cependant très révélateurs de la prudence des consommateurs.

En effet, seuls 23% des internautes sont prêts à payer par carte de crédit lorsqu’ils commenceront à effectuer des achats, alors que 28% d’entre eux disent préférer le paiement en espèces au moment de la livraison et 18% un paiement par chèque.

Ceux qui ont déjà effectué des achats en ligne ont préféré à 47% payer par espèces et à 41% par chèque. Il reste donc peu de place pour le paiement en ligne par carte bancaire et les arguments des répondants pour expliquer cette réticence sont nombreux. Parmi les facteurs mis en avant, certains estiment que « cela va alourdir le budget des ménages ».

D’autres expliquent qu’ils ont peur de communiquer, via le net, leurs informations bancaires personnelles. Mais la majorité dit « vouloir toucher » l’article acheté avant de procéder au paiement par espèces. Paradoxalement, et cela vient atténuer la méfiance affichée par les consommateurs interrogés, 43% des répondants estiment que le paiement par carte de crédit est « très important ».

La nature des produits déjà achetés en ligne est un élément tout aussi parlant. Ainsi, les billets d’avion viennent en première position avec 15,5% des achats, 14,5% se sont portés acquéreurs de matériel informatique et 13% de produits de santé et de cosmétiques. En revanche, les produits d’artisanat marocain ne semble pas vraiment susciter l’engouement, avec moins de 0,5% des réponses.

L’autre surprise réside dans l’évaluation du panier moyen des achats en ligne. Ainsi, ceux qui s’y sont déjà essayés affirment avoir dépensé en moyenne 1000 DH pour chaque achat en ligne sur des sites marchands. Pour ce qui est des futurs acheteurs, ils se déclarent prêts à dépenser entre 200 et 500 DH en moyenne par Internet.

« On sait pourtant bien que l’on achète souvent plus que l’on n’a prévu », explique Siham Kamel, DG du Cabinet On line commerce. C’est aussi vrai dans les supermarchés que dans une boutique virtuelle. Mais le commerce traditionnel n’a pas vraiment de quoi s’inquiéter, du moins dans l’immédiat.

La généralisation de l’achat en ligne au Maroc n’est pas pour demain : l’âge moyen des répondants est en effet de 30 ans à peine. Encore quelques années à attendre, donc, avant que ces jeunes, férus d’achat en ligne, ne deviennent vraiment le cœur de cible.

Source : La vie éco - Noredine El Abbassi

Tags : Informatique - Consommation - Internet

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