Les adolescentes marocaines face à la spirale de la violence
Au Maroc, 70 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont subi une forme de violence au cours des douze derniers mois. Des chiffres alarmants révélés par le Haut-commissariat au...
Au Maroc, le cinéma maltraite les femmes. C’est ce qui ressort d’une étude intitulée « La violence basée sur le genre dans le secteur du cinéma » présentée à Rabat.
80 % des actrices marocaines interrogées déclarent avoir été victimes ou témoins d’au moins un cas de violence basée sur le genre dans leur métier, précise cette étude réalisée par l’Association des Rencontres Méditerranéennes du Cinéma et des droits de l’Homme (ARMCDH). Elles subissent plusieurs formes de violence : violence psychologique, violence économique, violence sexuelle. S’agissant de la violence sexuelle, les actrices l’ont particulièrement décrite comme la forme principale de violence. Les actrices les plus jeunes sont souvent les plus exposées au chantage sexuel, aux insinuations à caractère sexuel ou aux attouchements.
À lire :Un pas en arrière pour les droits des femmes marocaines
La violence économique et physique touche les femmes dans toutes les professions liées au secteur cinématographique au Maroc, précise l’étude. En revanche, la violence psychologique et sexuelle concerne principalement les personnes les plus vulnérables, comme les jeunes femmes au début de leur carrière professionnelle et les professionnelles en situation de précarité économique. Il ressort de l’analyse des résultats des entretiens que la violence psychologique a été mentionnée 10 fois comme la forme principale de violence prévalente dans le secteur cinématographique marocain, suivie par la violence économique (pratiques courantes exercées par des supérieurs hiérarchiques manquant de transparence dans l’attribution des tâches), puis par la violence sexuelle.
À lire :Une actrice israélienne au Maroc : « c’était effrayant »
Les personnes interrogées justifient la prolifération de la violence psychologique par la difficulté de prouver son existence et par les raisons invoquées par les auteurs de cette violence (exigences élevées du métier, nécessité d’un engagement total, faible implication des employés, etc.). Elles estiment que le non-respect des cahiers des charges émis par le Centre Cinématographique Marocain ou les chaînes de télévision en partenariat avec les sociétés de production crée des conditions propices à l’apparition de violences basées sur le genre, notamment à cause des horaires de travail (dépassant souvent 12 heures par jour) et des charges supplémentaires qui ne sont pas objectivement évaluées dans les contrats.
À lire :Maroc : la présence d’une actrice juive dans une série télévisée fait polémique
Par ailleurs, l’étude montre que les femmes sont peu représentées dans les chambres professionnelles, les fédérations et les syndicats représentant les spécialistes techniques. Les 12 associations professionnelles de ce secteur comptent plus de 100 membres dirigeants, dont seulement 10 femmes. Cette faible représentativité affaiblit la capacité des professionnelles à participer à des démarches collectives de plaidoyer et de dénonciation des violences basées sur le genre dans le secteur cinématographique marocain.
Aller plus loin
Au Maroc, 70 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans ont subi une forme de violence au cours des douze derniers mois. Des chiffres alarmants révélés par le Haut-commissariat au...
Un Marocain sur 4 approuve la violence contre les femmes. C’est ce que révèle une étude récente du réseau « Afrobarometer » qui souligne que les interprétations sélectives des...
La députée Aziza Boujrida, membre du groupe Haraki, interpelle la ministre de la Solidarité, de l’Intégration sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahya, sur la question de la...
Les violences faites aux hommes par les femmes dans les couples constituent un phénomène qui prend de l’ampleur au Maroc, révèle une récente étude.
Les Marocains se montrent partagés sur la violence domestique, selon les conclusions d’un récent sondage sur la violence contre les femmes.
Les ex-conjoints utilisent souvent du contenu à caractère sexuel, notamment des images et des vidéos, pour obtenir des règlements financiers ou des droits de garde auprès des...
1,98 milliard de dirhams (MMDH). C’est le montant qu’auraient déboursé certaines victimes de violence conjugale au Maroc. Ce sont là les résultats d’une étude menée par le Haut...
La violence est un phénomène qui prend de l’ampleur dans les écoles marocaines. C’est ce que révèle une étude menée par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et...
Au Maroc, les femmes continuent de subir toutes sortes de violence dont les cas enregistrés ne cessent d’augmenter au point d’inquiéter.
Les violences sexuelles contre les mineurs et les femmes prennent des proportions alarmantes au Maroc, alerte l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) qui appelle à...