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L’amour des jeunes marocains pour la patrie ne résiste pas à leurs envies d’ailleurs

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11 décembre 2019 - 12h20 - Société

Les jeunes marocains ont beau manifester maintes fois leur amour pour leur pays mais leur espoir d’un avenir meilleur repose sur l’immigration. En cause, les réformes opérées dans les secteurs vitaux du pays ne répondent pas à leurs besoins pressants ou urgents.

« Nous aimons notre pays, et beaucoup d’entre nous pensent qu’à long terme, il sera sur la bonne voie », a déclaré Hassine, 27 ans. Ce jeune marocain salue les avancées démocratiques et économiques que le Royaume a connues. Seulement, il note que ces avancées sont loin de combler les attentes et les besoins des jeunes. Tant la pauvreté est ambiante, tant le chômage va crescendo. Selon lui, la seule issue envisageable reste et demeure l’immigration. Tout comme Hassine nombreux sont ces jeunes qui partagent ce même rêve.

En 2018, les statistiques gouvernementales indiquent que plus de 22 000 jeunes marocains sont partis travailler à l’étranger. Ce nombre serait beaucoup moins élevé que celui de Marocains candidats à l’immigration clandestine. En tout, 70% des Marocains âgés de 18 à 29 ans ont exprimé le désir d’émigrer, ce qui représente le plus élevé de tous les pays d’une liste sur laquelle figure le Yémen, pays déchiré par la guerre, révèle une enquête du baromètre arabe de 2019.

« S’il est vrai que la pauvreté absolue n’est plus un problème, le droit à des soins de santé décents, à des écoles et à un logement décent devient hors de portée pour la plupart des Marocains », affirme Youssef Raissouni, secrétaire général de l’Association marocaine des droits de l’homme.

Lassés, découragés, bon nombre de jeunes marocains ont renoncé à l’activisme. Pendant ce temps, le rappeur Gnawi prend la défense du peuple. Il sort la chanson « Aacha el Chaab » ou « Vive le peuple ». Dans ce morceau, il énumère les maux qui minent la société : pauvreté, difficulté d’accès aux logements, consommation de drogue, corruption, emprisonnement politique… Le Roi Mohammed VI n’échappe aux critiques de l’artiste.

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