Abdelkrim Al Khattabi revisité en bande dessinée

- 16h41 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’épopée du Rif pourra enfin être enseignée à nos enfants, sans difficultés, car on peut utiliser une bande dessinée. L’art qui séduit notamment les enfants. Celui qui a rendu possible cet objectif n’est autre que l’artiste dessinateur Mohamed Nadrani. Après une première expérience avec "Les sarcophages du complexe" où il raconte à sa manière les années de plomb au Maroc, Nadrani s’est appliqué à recomposer l’une des étapes les plus importantes de notre histoire contemporaine à savoir la guerre du Rif sous le commandement de l’Emir Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi, dit Moulay Mohand.

Et comme il est presque impossible de faire connaissance avec un personnage devenu depuis une légende de la résistance marocaine, l’auteur a pensé réhabiliter cette figure de proue de notre histoire.
Ainsi s’est opérée la réconciliation tant attendue avec un passé souvent méconnu de notre histoire.

Désormais, il sera possible pour toutes les nouvelles générations de rencontrer un avocat qui a, au début, entamé une carrière de journaliste, mais qui n’avait pas hésité à emprunter un chemin assez périlleux : Défendre sa terre natale en faisant la guerre à l’occupant espagnol représenté par la soldatesque de Fernández Manuel général Sylvestre.

L’auteur revisite ainsi cette fameuse guerre du Rif, notamment les positions de "l’Émir Ben Abdelkrim" qui a donné l’exemple à bien de révolutionnaires après lui. Que ce soit Hô-Chi-Minh au Vietnam, Mao Zedong en Chine ou encore Ernesto Che Guevara à Cuba, en Amérique Latine, tous ont tiré profit des leçons aussi bien politiques que militaires prodiguées par Ben Abdelkrim. Il était l’étincelle et le précurseur de la guérilla. La légende avait déjà commencé bien avant la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Elle était née aux montagnes du Rif.

Nadrani nous fait revivre l’histoire singulière d’un homme particulier. Un brave homme qui allait abandonner sa carrière pour assurer le commandement des combattants résistant à l’armada espagnole. "D’Aït Youssef, une famille influente de la tribu Aït Ouriaghel, émerge l’homme connu sous le nom du fqih Moulay Mohand. L’homme, à qui sera bientôt donné le nom du Rif, a décidé de traverser le territoire, d’un village à l’autre et d’une colline à l’autre, de mettre un terme aux rivalités des tribus et de les unifier dans un mouvement de résistance. Et c’était l’épopée glorieuse d’Al-Khattabi, connu sous le nom d’Abdelkrim."

La bravoure des combattants rifains a été reconnue par tous les correspondants de guerre de l’époque. Les journalistes espagnols avaient souvent entrepris des comparaisons sur le plan numérique et mettaient en relief bien évidemment les difficultés des Espagnols. Toute une épopée donc se voit dessinée, au grand bonheur d’une génération qui doit renouer avec une histoire confisquée.

Libération - Nouri Zyad

  • La BD marocaine en attente de lecteurs

    Le Maroc est l'un des très rares pays africains où la BD a servi de relais à des témoignages dénonçant des atteintes aux droits de l'homme et des exactions des forces de police et de sécurité.

  • Said Al Khattabi

    Said Al Khattabi, fils du leader Abdelkrim Al Khattabi, est né en 1932 à l'île de la Réunion.

  • Kénitra fête la bande déssinée du 7 au 9 juillet

    Sous le thème "Les lettres en bulles", l'Université Ibn Tofaïl organise du 7 au 9 juillet à Kénitra la 4ème édition du Festival universitaire de la Bande Dessinée.

  • Deux globe trotters marocains regagnent le royaume après 11 mois de voyage

    Les deux globe trotters marocains, Youssef Abdennaim et Abdelkrim Rachek, ont récemment regagné le royaume, après un périple de plus de 11 mois à travers plusieurs pays d'Afrique et d'Asie.

  • Tétouan, la perle du Rif

    Ville de culture, cité phare des arts, grande place de résistance, Tétouan est un pur joyau du Rif qui, à travers les âges a su marquer la région et tout le pays, grâce à des mouvances avant-gardistes qui ont touché tous les plans : économique, politique, culturel et social. Avec sa médina, classée patrimoine mondial par l'UNESCO, la ville jouit d'une place spéciale sur le plan artistique et accueille quelques événements de grandes envergures. Retour sur l'héritage séculaire d'une cité unique.

  • Tahar Ben Jelloun : "Il n'y a pas pire que d'être maskhout"

    Dans son dernier roman, Sur ma mère, Tahar Ben Jelloun fait défiler les dernières années de sa mère, opérant un retour sur son enfance dans le Fès des années 30. Entretien.

  • La 14ème édition Salon International de l'Edition et du Livre en février à Casablanca

    Quelque 44 pays et 578 exposants seront présents à la 14ème édition du Salon International de l'Edition et du Livre qui sera organisé du 8 au 17 février à Casablanca.

  • Jamel Debbouze en accusé

    Comme l'écrivait Olivier Mongin dans son ouvrage sur la nouvelle génération de comiques (De quoi rions-nous ?, Plon 2006), Jamel Debbouze est un pitre aux "identités multiples". Comique télé, animateur, jongleur de mots, improvisateur, bête de scène et acteur de cinoche, ce brasseur de postures change de masques pour ne pas être réduit à une ethnie, une famille, un milieu du spectacle. Il multiplie les postures afin d'échapper au personnage du môme de la cité, du beur rebelle, du surdoué de l'improvisation orale.

  • Des Marocains d'Europe pour une alternative au Conseil des MRE

    Bien que ses initiateurs affirment que la déclaration de Paris (Déclaration sur l'immigration) n'est pas une réaction au Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger, ou plus précisément à la façon dont il a été créé, l'observateur ne peut que faire la liaison avec tout un processus ayant entraîné une certaine division au sein des acteurs politiques et associatifs marocains à l'étranger. En tout cas, les premiers fruits de ce processus ne se sont pas beaucoup attendues pour se manifester.

  • MRE, le Conseil de la discorde

    Le 21 décembre, le roi a nommé les 37 premiers membres du nouveau Conseil des MRE. Comment et pourquoi faire ? Enquête. Une nouvelle étoile complète désormais la galaxie des instances dédiées aux Marocains de l'étranger. Dans son discours du 6 novembre 2007, soit un an après avoir demandé au Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH) d'émettre son avis pour une meilleure représentation des MRE, Mohammed VI a tracé les grandes lignes de leur nouveau Conseil.