Belgique : des enseignants marocains brutalement remerciés

- 09h00 - Belgique - Ecrit par : S.A

Alors même qu’ils ont signé des contrats avec le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports qui prévoient la fin de leur mission le 31 août 2027, des cadres éducatifs marocains détachés en Belgique ont été surpris par une décision mettant fin à leurs fonctions.

Dans une question parlementaire adressée par le conseiller parlementaire Khalid Es-Satteau ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, il est révélé qu’une décision surprise a été prise pour mettre fin aux fonctions de seize cadres éducatifs marocains détachés en Belgique à partir du 31 août 2025. La décision, datée du 23 juillet 2025, est intervenue sans préavis et a été justifiée par les autorités belges par l’arrêt des activités au sein des associations, ont précisé les enseignants concernés. Selon eux, ce motif est juridiquement infondé, car l’accord bilatéral entre le Maroc et la Belgique ne fait pas référence aux associations comme cadre reconnu pour organiser ces missions.

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Les cadres concernés ont du mal à comprendre cette décision. Ils assurent qu’ils disposent de cartes de séjour belges valables jusqu’au 30 juin 2026, ainsi que d’autorisations de travail et de permis unifiés légaux, et qu’ils exercent selon des emplois du temps complets, ce qui confirme la poursuite de la nécessité de leurs services. La situation préoccupe le syndicat Union nationale du travail au Maroc. Il explique que la prise de décision en période de vacances d’été accroît leurs difficultés familiales et administratives, leurs enfants étant scolarisés dans le système belge. De plus, il leur est difficile de gérer les engagements liés aux loyers, aux factures d’eau et d’électricité, ainsi qu’aux assurances bancaires et médicales.

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Selon le conseiller parlementaire Khalid Es-Satte, ils feront face à la difficulté d’obtenir les certificats et documents administratifs dans un contexte de fermeture actuelle des institutions belges, en plus des engagements financiers et administratifs comprenant des contrats de location nécessitant un préavis de trois mois pour l’évacuation, ainsi que des contrats d’eau, d’électricité, d’Internet, d’assurances et de transactions bancaires. Sans oublier les rendez-vous médicaux des membres de leurs familles.

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Par ailleurs, les enseignants concernés dénoncent une violation de la durée contractuelle fixée à quatre ans et qualifie la décision d’arbitraire. Aussi, ont-ils appelé à l’ouverture d’une enquête et la recherche d’une solution tenant compte de leur situation sociale et juridique. De son côté, l’Union nationale du travail au Maroc appelle le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger à clarifier sa position sur cette décision et à intervenir auprès des autorités belges ou des parties concernées pour l’annuler ou la reporter, afin de respecter le délai contractuel et de rendre justice aux cadres éducatifs et à leurs familles.

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