Sebta et Melilla veulent contrer les « stratégies hybrides » du Maroc

2 juin 2022 - 09h00 - Espagne - Ecrit par : A.P

Les présidents de Ceuta et Melilla, Juan Jesús Vivas et Eduardo de Castro, ont appelé ce mercredi à une plus grande intégration de leurs deux villes dans l’Union européenne (UE) pour contrer les « stratégies hybrides » du Maroc.

Vivas et De Castro ont rappelé la crise migratoire de mai 2021 à Ceuta, provoquée par l’entrée massive de migrants dans la ville autonome. « Nous ne serions pas sortis de l’épisode de mai sans l’Espagne et l’Europe », a déclaré Vivas à Europa Press, en marge de la présentation du rapport sur Ceuta et Melilla par le député européen de Ciudadanos, et très critique du Maroc, Jordi Cañas, devant le parlement européen.

Le rapport propose l’intégration effective de Ceuta et Melilla dans l’espace Schengen, dans l’union douanière de l’Union (TAU) et un nouveau statut aux deux villes, mettant en relief les avantages et les inconvénients de ces choix pour parvenir à une plus grande intégration. « Le principal risque » pour l’avenir de Ceuta et Melilla, c’est la « stratégie » développée par Rabat qui revendique sa souveraineté sur les deux villes, et qui consiste à maintenir une pression migratoire et un blocus économique sur ces dernières, souligne le rapport.

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« Nous devons mettre Ceuta et Melilla sur la carte de l’Europe parce qu’elles en font partie… », a déclaré Cañas, précisant que le rapport vise à ouvrir « un large débat sur l’avenir » de Ceuta et Melilla, après l’événement « douloureux » de mai 2021. « Ceuta et Melilla sont un territoire européen et leur souveraineté n’est pas en cause », a expliqué l’eurodéputé.

La frontière de Ceuta doit être considérée « en l’état comme une frontière extérieure de l’UE », a soutenu Vivas, appelant à établir une douane commerciale avec le Maroc. Les présidents de Ceuta et Melilla ont par ailleurs exprimé leur intention de maintenir des relations de bon voisinage avec le Maroc. Des relations « essentielles », mais « complémentaires », selon De Castro.

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