Création d’un Conseil national des imams en France : déjà des contestations

- 21h30 - France - Ecrit par : S.A

La création d’un Conseil national des imams en France suscite des réactions. Tarek Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, martèle qu’il ne revient pas à des laïcs de désigner les imams.

"Comment ça se fait qu’on impose par le haut un Conseil national des imams ? ? Les imams sont majeurs et vaccinés, et sont capables de s’organiser d’eux-mêmes", a-t-il réagi, jeudi, sur France info. Mercredi, le président français Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui, à sa demande, ont présenté les grandes lignes d’un conseil national des imams chargé de labelliser les imams en France.

Pour le recteur, ce sera très difficile sur le terrain de labelliser les imams. "Les imams ne sont pas des produits halal qu’il faudrait labelliser", a-t-il ajouté, appelant le CFCM à se limiter "à la gestion administrative temporelle des cultes". "Quant au ministère des Cultes, il doit être réservé à des religieux. Ce n’est pas normal qu’on propose un Conseil national des imams en absence des imams, fustige M. Oubrou. Il faut partir de la base".

Selon lui, il faut initier une représentativité selon leur hiérarchisation, leur typologie, et d’accompagner cette représentativité des imams comme un Conseil indépendant du CFCM parce que ce sont les religieux qui doivent habiliter d’autres religieux. "Ce n’est pas à des laïcs ou des présidents de fédérations de désigner les imams. Ça ne rime à rien", a-t-il martelé.

Aux yeux du responsable, une charte des principes républicains est inutile "puisque les valeurs de la République s’imposent à tous les cultes sans distinction, à tous les citoyens. "On n’a pas besoin d’affirmer ce qui est évident", s’est-il emporté, avant de souligner que le problème de la radicalisation "n’est pas dans la langue, ou dans le fait d’être étranger, c’est dans le corpus doctrinal sur lequel on va former les imams".

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