Les demandes de crédits immobiliers en baisse

6 mai 2008 - 11h16 - Economie - Ecrit par : L.A

Les chiffres du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) sont sans équivoque. Les encours des crédits immobiliers aux particuliers subissent un ralentissement depuis le début de l’année. Cela se traduit par une variation de l’encours d’à peine 1,4% entre février et mars, à 90 milliards de DH, contre 1,8 %, entre janvier et février, à 88,8 milliards.

Les anciens emprunteurs remboursent, semble-t-il, mais les nouveaux clients se laissent désirer. Déjà à fin janvier, l’encours des crédits immobiliers aux particuliers avait progressé de 1,7% par rapport à décembre pour s’élever à 87,1 milliards de DH.

Le tassement est essentiellement le fait des gros intervenants. C’est ainsi que pour Attijariwafa bank, les encours se sont appréciés de 2,9% entre janvier et février, à 20,8 milliards de DH après un rythme plus élevé entre janvier et décembre (+3,4%).

Même tendance pour la BCP qui a progressé de 1,9% entre décembre et janvier et de 1,27% entre ce dernier mois et février, à 20,45 milliards de DH. Le Crédit immobilier et hôtelier (CIH) a été moins performant. A fin février, ses encours ont reculé de 165 MDH comparativement au premier mois de l’année, à 13,9 milliards de DH, après une hausse soutenue de 2,97% entre le dernier mois de 2007 et janvier. « Je n’ai pas du tout eu connaissance de ces chiffres », affirme un cadre de la banque, qui a souhaité conserver l’anonymat.

Et de poursuivre : « Il y a peut-être eu un ralentissement au niveau du haut standing, mais en ce qui concerne les logements économiques et de moyen standing, le marché est toujours dynamique ».

L’encours des crédits à la promotion immobilière croît plus vite que celui des particuliers

A défaut de disposer de l’évolution de la production et des remboursements des prêts antérieurs, il nous est quasi impossible d’apprécier avec certitude la tendance réelle et l’état de forme de chaque banque. Néanmoins, les propos du cadre du CIH sont énergiquement contestés par un confrère d’une institution bancaire concurrente.

« Depuis le début de l’année, les promoteurs ont volontairement réduit le rythme de commercialisation de leurs projets, car ils manquent de visibilité quant à la réserve foncière. Cette rétention a donc réduit le nombre d’affaires conclues depuis janvier, toutes catégories confondues », explique cette dernière source.

Contrairement à ces poids lourds de l’immobilier, BMCE Bank a vu son stock grimper de près de 2% à fin février par rapport à janvier pour atteindre 11,12 milliards de DH, alors qu’il n’avait évolué que de 0,92% à la fin du mois précité par rapport à décembre. Insuffisant toutefois pour maintenir le rythme de croissance global qu’a connu le secteur durant les mois précédents.

La régularité des autres banques (Crédit du Maroc, Société générale, BMCI et Crédit Agricole du Maroc) qui sont restées sur une trajectoire ascendante à fin février n’a non plus pesé très lourd, sachant qu’elles réalisent des volumes en retrait par rapport aux trois premières sur ce segment de marché. Vu le niveau des prix affichés qui a entraîné l’attentisme des acquéreurs potentiels, une stagnation n’est pas à prévoir. Toutefois, un haut cadre d’une banque précise qu’il est encore beaucoup trop tôt pour dégager une tendance.

Un autre confrère admet que les institutions doivent demeurer très vigilantes. « Il faudra certes attendre la fin mai pour effectuer une analyse vraiment pertinente. Mais, chose certaine, avec le changement de dynamique que le marché connaît depuis la fin de 2007, les banques doivent se positionner solidement auprès des intervenants du secteur. Il faut être le premier sur les bonnes affaires ! », commente-t-il.

Ce positionnement se fait plutôt sur la promotion immobilière, c’est-à-dire en aval. Entre février et mars 2008, les encours des crédits immobiliers accordés aux particuliers ont marqué une hausse de 1,42% contre 3,41% pour l’encours des prêts aux bâtisseurs. Par rapport à fin décembre 2007, les deux postes ont progressé de 5,08 et 33,16%.

Enfin, une nette différence dans le rythme de croissance se dégage quand on se réfère aux données du troisième mois. A fin mars 2008, l’encours des crédits à la promotion immobilière s’est apprécié de 159,6% comparativement à mars 2007, alors que, dans le même temps, l’encours des particuliers n’a évolué que de 3%

Source : La vie éco - Marie-Hélène Giguère

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Immobilier - Banques - Prêt - BMCI - Crédit Immobilier et Hotelier - CIH - Groupement Professionnel des Banques du Maroc

Ces articles devraient vous intéresser :

Maroc : l’aide au logement booste le marché de l’immobilier

Au Maroc, le nouveau programme d’aide à l’acquisition de logements est susceptible d’apporter une bouffée d’oxygène au marché immobilier.

La solidité des banques marocaines confirmée

Dans son rapport annuel de stabilité financière en 2023, Bank Al-Maghrib (BAM) met en avant la solidité des institutions bancaires, principale source de financement de l’économie marocaine.

Une aide méconnue pour les MRE qui veulent créer une entreprise au Maroc

Créer son entreprise au Maroc en tant que Marocain résidant à l’étranger (MRE) peut s’avérer complexe, notamment sur le plan financier. Pour encourager les investissements de la diaspora, l’État marocain a mis en place un mécanisme spécifique : MDM...

Louer à une entreprise : ce que change la retenue à la source pour les MRE

Les Marocains résidant à l’étranger qui perçoivent des revenus issus de la location d’un bien immobilier au Maroc sont soumis à l’impôt sur le revenu au titre des revenus fonciers. Lorsque le bien est loué à une entreprise ou à une personne morale, les...

Vous vendez un bien au Maroc ? Attention à cette révision fiscale qui peut coûter très cher

Vendre un terrain ou un appartement au Maroc peut réserver une désagréable surprise. Des semaines après la signature, le fisc envoie une facture supplémentaire à de nombreux vendeurs. Certains se retrouvent même à perdre de l’argent sur la transaction....

Le piège fiscal des maisons de plus de 300 m² que les MRE ignorent souvent

Pour de nombreux Marocains résidant à l’étranger (MRE), faire construire une grande maison au pays est un projet de vie. Que ce soit pour y passer les vacances ou envisager un retour définitif, la tentation d’une villa spacieuse est forte.

Immobilier au Maroc : bonne nouvelle pour les nouveaux acquéreurs

Des changements ont été opérés pour impacter positivement le secteur de l’immobilier. Le délai prévu dans l’article 573 relatif à l’introduction d’une action en justice pour défaut de garantie n’est plus limité à 365 jours.

Maroc : un nouveau programme pour des loyers plus abordables

Face aux difficultés d’accès au logement par les ménages à revenus moyens et les jeunes dans les grandes villes ou celles abritant des projets de grande envergure, les autorités marocaines prévoient de lancer un programme dédié au logement locatif...

Les MRE très attendus cet été pour booster l’immobilier

Les initiatives gouvernementales et le retour massif des Marocains résidant à l’étranger (MRE) contribuent à la relance du marché de l’immobilier marocain.

Immobilier : des centaines de millions de dirhams versés par l’État marocain

Dans son rapport annuel, la Direction des Domaines de l’État a dévoilé le nombre total des bénéficiaires d’indemnisations financières dans le cadre des acquisitions immobilières réalisées au profit de l’État.