Une entreprise marocaine fait fleurir le désert

26 octobre 2023 - 10h00 - Economie - Ecrit par : S.A

Au Maroc, une startup ouvre la voie à la révolution agricole dans le désert. Ses techniques peuvent être utilisées dans des pays tels que la Mauritanie, l’Égypte, la péninsule arabique et certaines régions des États-Unis.

Sand to Green amorce la révolution agricole dans le désert. Wissal Ben Moussa, sa cofondatrice et directrice de l’Agriculture explique à CNN que cette startup marocaine est capable de transformer une parcelle de désert en une plantation durable et rentable en cinq ans. « La désertification est l’avenir de nombreux pays aujourd’hui. Notre solution consiste à utiliser l’agroforesterie pour créer un nouveau type d’agriculture durable et capable de résister au changement climatique », ajoute-t-elle, soulignant que le système peut être déployé n’importe où à proximité d’une source d’eau saumâtre, que la startup dessale à l’aide d’une technologie solaire. Une variété d’arbres fruitiers et d’herbes aromatiques est ensuite mise en terre dans le même espace – une pratique connue sous le nom de culture intercalaire. Le système permet d’irriguer au goutte-à-goutte leurs racines directement avec l’eau dessalée, afin de minimiser l’évaporation.

À lire : Agriculture : Projet novateur entre le Maroc et Israël

Sand to Green utilise ce qu’elle appelle « l’engrais vert », un mélange comprenant du compost, du biochar – forme de charbon de bois qui peut aider les sols arides à retenir l’eau – et des micro-organismes qui aident le sol à « se réveiller », pour régénérer le sol. Cette technique permet à certaines herbes d’être prêtes à être récoltées après seulement deux ans. La startup a testé une variété de plantes à la recherche des plus performantes dans le cadre d’un essai (phase pilote) de cinq hectares mené dans le sud du Maroc depuis 2017. « Mes trois arbres préférés sont le caroubier, le figuier et le grenadier, explique Ben Moussa. Ils sont endémiques dans les régions où nous voulons nous déployer, ont une forte valeur ajoutée en ce qui concerne le produit, mais ils sont aussi très résistants. »

À lire :Le Maroc s’intéresse aux drones russes pour l’agriculture

Aujourd’hui, Sand to Green travaille à passer à un site commercial d’expérimentation de 20 hectares, également dans le sud du Maroc. Un projet qui nécessite un financement d’environ 450 000 euros (475 000 dollars) et pourrait rapporter des bénéfices financiers au bout de cinq ans environ. « Avec ce système, nous créons de la biodiversité, ce qui signifie un meilleur sol, des cultures plus saines et un meilleur rendement. Notre plantation peut générer 1,5 fois plus de rendement et donc plus de revenus qu’une plantation en monoculture dans la même zone », assure la responsable de la startup, précisant qu’une fois commercialisé, chaque terrain sera divisé en plantations qui constitueront un « investissement vert ».

À lire :Agriculture : appel au renforcement de la coopération entre le Maroc et Israël

Des techniques qui font la fierté de Sand to Green. La startup assure qui ses techniques pourraient être utilisées dans des pays tels que la Mauritanie, le Sénégal, la Namibie, l’Égypte, la péninsule arabique, certaines régions des États-Unis et la côte mexicaine. « Nous pouvons aller n’importe où dans le monde tant que nous avons accès à de l’eau saumâtre. […] La bonne nouvelle, c’est qu’il y en a beaucoup le long des zones côtières », se félicite Ben Moussa.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : États-Unis - Agriculture - Mauritanie - Egypte

Aller plus loin

Le Maroc s’intéresse aux drones russes pour l’agriculture

Le Maroc manifeste de l’intérêt pour les nouvelles technologies développées par la Russie dans le domaine de l’agriculture dont « les drones ». C’est du moins ce qu’a fait...

Agriculture : Projet novateur entre le Maroc et Israël

Le Maroc et Israël ont décidé de renforcer leur coopération dans les secteurs de l’agriculture et de l’eau. Dans ce sens, les deux parties ont signé un mémorandum d’entente.

Fibre de coco : une firme israélienne à la conquête du marché marocain

Pelemix, société israélienne spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de la fibre de coco comme support de culture, part à la conquête du marché marocain. Dans ce...

Agriculture : appel au renforcement de la coopération entre le Maroc et Israël

Le ministre israélien de l’Agriculture appelle le Maroc et l’État hébreu à s’investir davantage dans le développement du secteur agricole à travers la signature d’accords de...

Ces articles devraient vous intéresser :

Maroc : appel pressant des exportateurs de légumes

Les associations de producteurs et exportateurs de fruits et légumes appellent le gouvernement d’Aziz Akhannounch à autoriser la reprise des exportations.

Maroc : explosion des exportations de produits alimentaires et maritimes

Les exportations des produits alimentaires agricoles et maritimes ont connu un boom en 2022 pour dépasser les 80 milliards de dirhams (MMDH). Un record.

Le Maroc capable d’établir un record en matière d’exportations d’avocats

Le Maroc a enregistré une hausse record de ses exportations d’avocats en volume au cours de la saison et pourrait rééditer l’exploit au cours de la saison 2022/23 (juillet-juin).

Le prix des lentilles s’envole au Maroc

Le prix des lentilles a considérablement augmenté au Maroc, atteignant 32 dirhams le kilo chez les détaillants, contre 25 dirhams pour les lentilles importées.

Camions attaqués en Europe : le Maroc hausse le ton

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a dénoncé lundi les récentes attaques d’agriculteurs européens contre des cargaisons de fruits et légumes marocains, faisant observer que l’Union européenne (UE) tire davantage profit de...

Maroc : la quête d’autosuffisance en dattes face aux défis climatiques

Le Maroc est le septième producteur mondial de dattes, avec un volume de 170 000 tonnes par an. Toutefois, des défis restent à relever pour le développement de la filière et satisfaire la demande nationale.

Le marché britannique souffre de la pénurie de tomates marocaines

La baisse des exportations de tomates marocaines affecte le marché de légumes au Royaume-Uni. De nombreux Britanniques déplorent la situation sur les réseaux sociaux.

Pénurie de lait : les éleveurs marocains lancent un cri de détresse

Touchés de plein fouet par la sécheresse->95421 et surtout l’augmentation du coût de l’élevage, les éleveurs réclament une aide urgente à l’État, en vue de faire face à la pénurie de lait que connait le royaume.

Le Maroc limite la production de pastèque

Face à la pire sécheresse qu’il connaît depuis quatre décennies, le Maroc prend des mesures pour réglementer la production de pastèques qui nécessite une importante quantité d’eau.

Maroc : la pastèque sacrifiée pour préserver l’eau ?

Des associations locales de la province d’Al Haouz ont sollicité Rachid Benchikhi, le gouverneur de la province, pour qu’il interdise la culture de pastèques et de melons.