Clichy ne veut plus de transporteurs de bagages vers le Maroc

- 07h00 - France - Ecrit par : S.A

À Clichy (Hauts-de-Seine), les professionnels de l’expédition et la réception de bagages et colis entre la France et le Maroc font l’objet d’une étroite surveillance. Ils s’agacent contre ces contrôles et accusent les autorités municipales d’acharnement. Celles-ci assurent n’avoir « rien contre cette profession ».

Depuis mi-juin, les contrôles menés parmi les bagagistes du boulevard Jean-Jaurès dans le cadre d’un comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) se multiplient dans la ville de Clichy. À la manœuvre, l’Urssaf, les douanes, les services d’hygiène de la ville et la police municipale. « On va dire qu’on est habitués à ce genre de visites, ironise le gérant d’une boutique visée auprès du Parisien. Les contrôles, c’est normal qu’ils existent, mais on ne va pas se raconter d’histoire, notre secteur d’activité fait l’objet d’une surveillance très particulière. » Sa boutique gère une moyenne de 5 tonnes de marchandises par semaine. Un service moins coûteux pour les familles. « En avion, le kilo supplémentaire est facturé 10 euros alors qu’avec une société de bagagerie, il coûte aux alentours de 2 euros », appuie-t-il.

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Les quantités impressionnantes de colis et de bagages, à destination ou en provenance essentiellement du Maroc, qui transitent chaque semaine par ces petites boutiques sont-elles à l’origine de cette surveillance ? En partie seulement, estiment les plaignants. « Il y a aussi le fait qu’il s’agisse d’un business communautaire, relève ce même professionnel. Des valises et des marchandises qui transitent par tonnes entre la France et le Maroc, ça alimente forcément les fantasmes. » Sauf que des infractions ont été constatées lors du dernier contrôle, mené le 19 juin dans le cadre de l’opération CODAF. L’un des établissements, situé à deux pas de la porte de Clichy, risque une lourde sanction pour être resté ouvert en dépit d’une fermeture administrative, signifiée par arrêté municipal le 23 novembre 2021 mais toujours en vigueur.

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Malgré les infractions relevées, les bagagistes visés dénoncent « la gentrification » de la commune, « accusée de marcher » dans le sillage « de certaines de ses voisines ». « On nous imagine encore travailler comme il y a vingt ans, quand des tas de bagages s’empilaient sur les trottoirs, regrette-t-on de ce côté du boulevard. C’est vrai qu’en termes d’image, ce n’était pas terrible mais la réalité, c’est qu’il y a bien longtemps que plus personne ne fait ça. » Aussi, accusent-ils les autorités municipales d’acharnement. « La vérité, c’est qu’on veut nous voir partir, grince l’un d’eux, convaincu d’être la victime d’une guerre d’usure. Clichy s’embourgeoise, veut devenir Levallois et nous, bah, on n’est plus assez chics, on ne colle plus au décor… »

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Des accusations rejetées par la ville de Clichy. Selon elle, ces contrôles se poursuivront. Elle rappelle avoir adopté cette stratégie jusqu’à obtenir la fermeture des ouvertures en pagaille de bars à chicha, jugés sujets aux nuisances. « L’idée est la même pour les bagagistes. Nous n’avons rien contre cette profession, seulement ces établissements sont trop nombreux. La ville n’en accueille pas trois ou quatre mais douze. Douze ! C’est beaucoup trop », affirme Patrice Pinard, adjoint en charge de la sécurité.

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