L’Espagne parle de pression sur le Maroc, puis la lumière s’éteint au Parlement

- 05h00 - Espagne - Ecrit par : Said A.

Alors que des médias espagnols évoquent les leviers énergétiques utilisables contre le Maroc après la crise de Ceuta, une coupure a plongé dans le noir la commission de la Défense du Congrès, réunie pour entendre la ministre Margarita Robles.

La scène s’est produite au moment où le député basque Jon Iñarritu interrogeait la ministre espagnole de la Défense sur les incidents survenus à Ceuta fin juillet. Soudain, l’éclairage de la salle s’est entièrement éteint, interrompant visuellement les travaux durant plusieurs minutes.

« Oups, la lumière s’éteint. J’espère que ce n’est pas une attaque hybride », a ironisé le député, tandis que les participants restaient plongés dans l’obscurité. Les microphones et la retransmission ont toutefois continué à fonctionner, comme le montre le Congrès espagnol.

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Margarita Robles a elle aussi tenté de dédramatiser l’incident : « Peu m’importe qu’on me voie, tant qu’on m’entend. » Les techniciens sont ensuite intervenus et l’éclairage a été progressivement rétabli, permettant à la séance de reprendre normalement.

Une séance consacrée à Ceuta, pas aux exportations d’électricité

Cette audition intervenait néanmoins dans un climat tendu. Après les tentatives d’entrée à Ceuta, plusieurs responsables et médias espagnols ont évoqué les moyens dont disposerait Madrid pour faire pression sur Rabat, notamment dans les domaines de l’énergie, de la coopération européenne et des contrôles frontaliers. Le gouvernement espagnol n’a toutefois annoncé aucune mesure visant à interrompre ses exportations énergétiques vers le Maroc.

Robles a défendu l’action de l’armée et des services de renseignement espagnols, tout en réaffirmant le caractère « intouchable » de Ceuta et Melilla. Elle a également cherché à rassurer les habitants des deux villes, au centre du nouvel épisode de tensions entre Madrid et Rabat.

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La panne offre ainsi une image particulièrement ironique : celle d’un Parlement espagnol momentanément privé de lumière alors que le débat public porte, entre autres, sur l’utilisation de l’énergie comme instrument de pression. Aucun élément ne permet cependant de relier l’incident au Maroc ou à une action malveillante. Tout indique qu’il s’agissait d’un simple problème technique, dans une relation bilatérale où les 23 milliards d’euros d’échanges rendent toute rupture difficile.