Des eurodéputés empêchés d’entrer au Maroc

21 septembre 2022 - 12h20 - Espagne - Ecrit par : A.P

Le Maroc a refusé l’entrée sur son territoire à deux eurodéputés à la frontière de Melilla. Les deux parlementaires tentaient d’entrer dans le royaume pour « enquêter » sur l’assaut de migrants du 24 juin dans lequel au moins 23 migrants ont été tués.

L’eurodéputé espagnol Miguel Urbán, du parti Anticapitalistas, et sa collègue allemande Cornelia Ernst, du parti Die Linke, ont dénoncé mardi l’attitude des autorités marocaines qui les ont empêchés d’entrer dans le royaume depuis Melilla. Dans un communiqué de presse, Urbán a indiqué qu’ils étaient au total 16 personnes dont des membres d’ONG et d’avocats européens à s’être vus refuser « sans aucune explication » l’accès au Maroc afin de mener une enquête sur l’assaut de migrants survenu à Melilla le 24 juin dernier.

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La délégation avait l’intention de se rendre à l’hôpital de Nador au Maroc, où certains des migrants blessés le 24 juin ont été soignés. Ils prévoyaient aussi de tenir une réunion à Rabat avec l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), et de rencontrer des journalistes à Casablanca ainsi que « plusieurs migrants qui ont survécu ». Cette attitude du Maroc prouve sa « volonté manifeste de cacher les meurtres des 23 migrants le 24 juin, de même que les 76 blessés et ceux ayant été arrêtés », dénonce l’eurodéputé espagnol.

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« C’est une situation totalement inacceptable, car le gouvernement marocain a l’intention de juger dans les prochains jours certains des migrants arrêtés le 24 juin lors de l’assaut de Melilla, un procès qui est une farce complète », a ajouté Urbán, appelant le parlement européen et le gouvernement espagnol à « se prononcer sur le sujet ». Il a également invité les deux entités à faciliter la comparution au parlement européen du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui demandait en juillet « d’enquêter sur ce qui s’est passé ».

Dans une vidéo publiée sur Twitter, l’eurodéputée allemande Ernst considère ce qui s’est passé comme « un grand scandale », car n’ayant reçu aucune explication des autorités marocaines.

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