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France : le voile de plus en plus lourd à porter pour les musulmanes

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21 octobre 2019 - 13h40 - Monde

Âgées de 19 à 55 ans, Sarah, Zouna, Sabrina, Hind, Safia et Inès*, venues de divers horizons de la France, racontent des tranches de vie sur le port du voile, à un moment où les débats autour de cette question sont de retour et s’intensifient.

C’est Le Parisien qui est allé à la rencontre de ces femmes qui portent le voile islamique.

« En tant que femme, on doit déjà faire preuve de vigilance. Avec le voile, c’est redoublé. […]. Mais, à chaque polémique, le voile est plus lourd à porter », raconte Sarah, 19 ans, étudiante en Licence de Psychologie à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Elle se désole du fait que les hommes politiques préfèrent parler du voile plutôt que d’être interrogés sur les vrais problèmes de la société.

Pour Zouna, 55 ans, agent territorial spécialisé dans une école maternelle à Paris, « le climat est pire qu’avant. On mélange tout maintenant. […]. Aujourd’hui, il y a des regards un peu gênants, parfois même méchants, dans le métro ».

De son côté, Hind, 22 ans, étudiante en Master de Sociologie à Lyon, affirme préparer son auto-défense chaque fois qu’elle se promène. « À un moment, j’avais même une petite bombe lacrymogène sur moi. J’en ai marre d’avoir peur tout le temps. Mais, si je retire mon voile, là, je serais vraiment soumise », raconte-t-elle.

Sabrina, 54 ans, originaire d’Algérie, vit à Paris. Elle se souvient des grandes exclamations de sa voisine lorsqu’elle a commencé par porter le voile, il y a deux ans seulement.

« Toutes ces polémiques m’ont peut-être encouragée à porter le voile. Vous savez, souvent, l’interdit attire », confie Safia, 37 ans, vendeuse résidant à Paris avec son mari et ses trois enfants.

« C’est sur les réseaux sociaux qu’on sent surtout les discriminations. On voit la montée des radicaux d’extrême droite. Ils ne se cachent plus. Tout le monde clame haut et fort qu’il est raciste et que la femme musulmane est soumise. Ce serait renier notre libre arbitre et nous réduire à l’état de choses … », estime, pour sa part, Inès, 21 ans, étudiante en L3 d’Anglais à Lille.

*Le Parisien a modifié certains prénoms

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