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Fuite des capitaux : les parlementaires haussent le ton

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24 janvier 2020 - 20h30 - Maroc

Au cours de la séance des questions de politique générale, mardi dernier, les conseillers ont exprimé leur colère sur un sujet crucial. Ils ont saisi l’occasion pour interpeller le Chef du gouvernement sur les graves affaires de corruption, notamment les fuites de capitaux qui occasionnent d’importants manques à gagner pour le royaume.

Le Maroc perd annuellement, quelque 12 milliards de dirhams en devises, soit près d’un milliard de dollars, qui sortent illégalement du royaume. Profitant de la séance mensuelle des questions de politique générale à la deuxième Chambre, le groupe parlementaire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) qui a soulevé cette préoccupation, n’a pas ménagé le gouvernement, le rendant d’ailleurs responsable de cet énorme manque à gagner. Pour le PAM, l’Exécutif a failli dans sa mission de "lutte contre la corruption", pourtant brandie comme un slogan au début de son mandat, rapporte le quotidien Assabah.

Plus virulents sur la question, les conseillers du Parti de la justice et du développement (PJD) ont désavoué le gouvernement qui se vante des "petites affaires qui portent sur 40, 50 ou 60 000 dirhams, devenues chose courante", au lieu de s’attaquer à celles portant sur des centaines de millions, voire des milliards de dirhams. Les conseillers parlementaires du PAM ont également pointé du doigt la problématique de l’informel, qui fait perdre quelque 42 milliards de dirhams chaque année. De son côté, l’opposition reproche au gouvernement d’avoir accordé notamment "une amnistie fiscale aux détenteurs de cash non déclaré, selon les termes des articles 8 et 9 de l’actuelle loi de Finances".

Par ailleurs, pour enfoncer le clou, le groupe parlementaire de la CGEM fait observer, pour sa part, que les rapports de la banque mondiale, notamment celui de 2019, classent le Maroc dans une position inconfortable en ce qui concerne la lutte contre la corruption. Un phénomène qui, appuie-t-il, fait perdre à l’État près de 50 milliards de dirhams, soit pratiquement 2 points de croissance, souligne le journal.

Face à cette avalanche de critiques, le Chef du gouvernement, qui a carrément fait profil bas, a rappelé les grandes lignes de la politique gouvernementale en matière de lutte contre la corruption, tout en insistant sur l’engagement volontariste de l’Exécutif. Par finir, Saâdeddine El Otmani a fait observer que la lutte contre ce fléau est un "chantier national collectif dont le succès demeure tributaire d’une implication résolue de tous les acteurs".

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