Les trois lettres qui ont empêché une guerre entre l’Espagne et le Maroc en 1975

- 14h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

Trois lettres décisives de l’ambassadeur espagnol à Rabat, Adolfo Martín-Gamero, auraient permis d’éviter un conflit armé entre le Maroc et l’Espagne en 1975. Le diplomate avait fortement déconseillé aux autorités espagnoles d’œuvrer pour la chute du roi Hassan II, et contribué à faire échec à la Marche verte.

Les trois lettres décisives de l’ambassadeur Martín-Gamero au président du gouvernement d’alors, Arias Carlos, sont datées des 6 juin, 11 juillet et 14 octobre 1975. Les deux premières sont antérieures à la Marche verte tandis que la dernière coïncide avec l’appel de celle-ci. Elle a été envoyée deux jours avant que la Cour internationale de justice de La Haye ne confirme le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui conformément à la résolution 1514 des Nations unies, fait savoir El Debate.

À lire : L’Espagne veut être un « acteur » du conflit au Sahara

Dans ces trois courriers, le diplomate adresse le même message au chef du gouvernement : éviter la chute du roi Hassan II et empêcher la Marche verte pour ne pas ouvrir un conflit armé avec le Maroc. Même si, à l’époque, l’Espagne avait les moyens de remporter cette guerre, elle allait en subir de graves conséquences, car aurait été condamnée par les Nations Unies pour avoir tiré sur les civils prétendument non armés lors de la Marche verte. Aussi, le roi Juan Carlos, qui venait d’accéder au trône, aurait eu à gérer une crise avec le Maroc. Le mieux à faire était donc de céder le Sahara au Maroc.

Le président Arias Carlos Navarro a suivi les conseils de son ambassadeur à Rabat à la lettre. Il a envoyé son ministre secrétaire général du Mouvement, Solís, négocier avec Hassan II pour arrêter la Marche verte et, plus tard, son ministre de la Présidence, Antonio Carro, pour préparer les accords de cession du Sahara, lesquels ont été signés à Madrid courant la semaine de la mort de Franco.

À lire : L’Espagne change sa position sur le Sahara

Plus de quarante ans plus tard, le Sahara continue d’être revendiqué par le Maroc qui a réussi par amener l’Espagne à reconnaitre sa souveraineté sur ce territoire. Vendredi, le cabinet royal marocain a indiqué dans un communiqué que le président Pedro Sanchez, à travers une lettre adressée au roi Mohammed VI, a décidé de soutenir le plan marocain d’autonomie du Sahara. Une décision condamnée par le Front Polisario, l’Algérie et les partis politiques espagnols, de la coalition gouvernementale comme de l’opposition.

  • Sahara : Brahim Ghali condamne la « trahison » de l'Espagne

    Le leader du Front Polisario, Brahim Ghali, réagit après la décision de l'Espagne de soutenir le plan marocain d'autonomie du Sahara. Il condamne la « trahison » de Pedro Sanchez et insiste sur la nécessité d'aller à un référendum d'autodétermination pour « libérer le peuple sahraoui ».

  • Le Maroc peut-il revendiquer les îles Canaries ?

    La Coalition canarienne-Parti nationaliste canarien (CC-PNC) demande au ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, de confirmer si le Maroc aurait pu revendiquer un territoire des îles Canaries si l'Espagne n'avait pas soutenu le plan marocain d'autonomie du Sahara.

  • Le Front Polisario suspend ses contacts avec le gouvernement espagnol

    Le Front Polisario a décidé de suspendre ses contacts avec le gouvernement espagnol, après la visite jeudi de Pedro Sanchez à Rabat et la publication de la déclaration conjointe qui a sanctionné sa rencontre avec le Roi Mohammed VI.

  • Après le Maroc, l'Espagne en crise avec l'Algérie

    Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, aurait indiqué lors de sa visite jeudi à Rabat, qu'il n'envisage pas de se rendre prochainement en Algérie. Les deux pays sont en froid depuis que l'Espagne a officiellement exprimé son soutien au plan marocain d'autonomie du Sahara.

  • Sahara : l'Algérie rappelle son ambassadeur à Madrid

    L'Algérie ne digère pas le changement de position de l'Espagne sur le Sahara. Elle vient de rappeler son ambassadeur à Madrid pour consultations.

  • Pedro Sanchez a « plagié » Trump dans sa lettre à Mohammed VI

    Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, aurait utilisé les mêmes mots que l'ancien président américain, Donald Trump, dans sa lettre adressée au roi Mohammed VI pour soutenir le plan marocain d'autonomie du Sahara.

  • Sahara : les États-Unis ont joué un rôle dans le changement de position de l'Espagne

    Depuis quelques mois, les contacts entre les États-Unis et l'Espagne d'une part et le Maroc d'autre part, se sont intensifiés ; ce qui laisse penser que les autorités marocaines ont agi dans l'ombre pour le changement de position de l'Espagne sur le Sahara.

  • L'Espagne veut être un « acteur » du conflit au Sahara

    Convoqué au Congrès pour expliquer la décision de soutenir le plan marocain d'autonomie du Sahara, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a indiqué ce mercredi que le gouvernement espagnol a choisi d'être un « acteur » du conflit au Sahara.

  • Sahara : le Congrès espagnol se désolidarise du gouvernement

    Le ministre espagnol des Affaires étrangères se rendra ce vendredi au Maroc sans le soutien du Congrès. Les partis politiques de la coalition gouvernementale comme de l'opposition estiment que la décision de Pedro Sanchez de soutenir le plan marocain d'autonomie du Sahara n'engage que le gouvernement et pas l'Espagne.

  • La lettre de Sanchez à Mohammed VI a été rédigée en français et traduite en espagnol

    La lettre du président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, au roi Mohammed VI, dans laquelle il a annoncé le changement de position de l'Espagne sur le Sahara, a été rédigée en français puis traduite en espagnol.