Le désespoir des parents de Dina, une Marocaine bloquée à Ceuta

- 20h50 - Espagne - Ecrit par : P. A

Dina El Yassini Haidour fait partie des migrants arrivés en masse à Ceuta entre le 17 et le 19 mai. Un mois après cette tentative collective qui a provoqué une crise migratoire entre le Maroc et l’Espagne, la jeune marocaine est toujours bloquée dans la ville autonome. Sa famille désespère.

Les parents de Dina, El Houssin et Ikram, n’en peuvent plus de cette situation d’éloignement. El Houssin, le père de Dina, très affecté, a partiellement perdu la vue à cause de cette situation qui a fait monter sa tension artérielle. La Marocaine, âgée de 13 ans, bloquée à Ceuta depuis le 17 mai où elle a entrepris de rejoindre l’enclave avec des amis, veut aussi rentrer au Maroc pour retrouver sa famille. Mais pour le moment, les autorités locales n’acceptent pas de remettre la mineure à ses parents, fait savoir El Faro de Ceuta.

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Pourtant, la famille El Yassini Haidour, qui fait partie des 7 familles marocaines qui souhaitent le retour de leurs enfants, a fourni aux autorités marocaines les documents qui attestent qu’ils sont les parents de Dina. Mais l’accès à la zone frontalière leur est refusé, et les responsables du centre de Piniers où est hébergée Dina, ne peuvent pas remettre la mineure à la police sans constater la présence physique de ses parents. Dina ne cesse d’appeler sa famille à l’aide. Ses parents, désespérés, ne savent plus à quelle porte frapper. Ils sont prêts à faire l’impossible pour revoir leur fille, comme nager jusqu’à Ceuta pour la récupérer.

Le roi Mohammed VI a pourtant réitéré ses Hautes instructions aux ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères afin de solutionner définitivement la question du retour des mineurs marocains non accompagnés en situation irrégulière. Mais dans la réalité, le constat est tout autre. De son côté, l’Espagne exige des garanties avant tout rapatriement de ces mineurs. À l’évidence, les autorités des deux pays ne s’accordent pas sur les conditions de retour de ces enfants qui sont les victimes collatérales des tensions entre le Maroc et l’Espagne.

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