L’histoire de ce Marocain gay qui a trouvé sa place au Royaume-Uni
Gay, Rahim, un Marocain a fui le Maroc où l’homosexualité est sévèrement punie, avant d’obtenir l’asile et travailler à se faire une place au Royaume-Uni où il excelle dans la danse orientale.
Rahim el-Habache, 32 ans, artiste, auteur et réalisateur, s’est vu contraint de quitter le Maroc parce qu’il est gay dans un pays où l’homosexualité est un délit interdit par l’article 489 du Code pénal. Cet article stipule : « Est puni de l’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 120 à 1 000 dirhams, à moins que le fait ne constitue une infraction plus grave, quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. »
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Après avoir obtenu l’asile au Royaume-Uni, Rahim a été envoyé par le ministère de l’Intérieur à Cardiff, un endroit dont il n’avait jamais entendu parler. Il a eu du mal à s’intégrer, jusqu’à ce qu’il découvre Glitter Cymru, un groupe de soutien gallois pour les personnes LGBTQ+ de couleur. Il y rencontre Shrouk El-Attar, une militante pour les droits LGBTQ+ dans son Égypte natale. Cet homme se produit comme danseuse du ventre dans un numéro intitulé « Dancing Queer ». Shrouk avait organisé une manifestation de danse du ventre devant la statue d’Aneurin Bevan sur Queen Street, le principal quartier commerçant de Cardiff. « En plaisantant, je lui ai demandé : est-ce que j’apporterai ma tenue de danse du ventre ? », s’exclame Rahim en riant auprès de Mirror.
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Ce soir-là, il a exécuté sa première danse du ventre en public sous un tonnerre d’applaudissements. La honte qu’il ressentait en grandissant au Maroc commence à laisser place à une affirmation de soi. « Parfois, pour survivre, il faut porter deux masques, et c’est malheureusement ce que beaucoup de gens font encore dans de nombreux pays, confie-t-il. Aujourd’hui, je ne me souviens même plus comment j’ai vécu ces deux vies. » Plus tard, il eut l’opportunité de se produire au Posh Club de Cardiff, un événement artistique révolutionnaire qui apporte le cabaret aux plus de 60 ans dans les communautés du Royaume-Uni, tout en remettant en question les stéréotypes ou le racisme, en compagnie de Liana Harding, alias le groupe hommage « Shirley Classy ».
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Le troisième film du Daily Mirror, « L’Île des Étrangers », qui examine comment les habitants des îles britanniques surmontent des clivages difficiles, suit le voyage des deux artistes à St Mellons. « La première fois que j’ai participé au Posh Club, j’étais vraiment nerveux, raconte Rahim. Je me demandais : « Est-ce qu’ils m’aimeront ? Une personne de couleur à St Mellons ? Comprendraient-ils ce que je fais ?" » Pour lui, se produire au Posh Club a été une occasion de remettre en question ses propres idées reçues et de surmonter les préjugés intériorisés depuis son enfance. « La première fois que j’ai fait de la danse orientale, je me souviens que je n’ai même pas enlevé mon jean. Je ne pouvais pas, car on me disait toujours que les hommes ne faisaient pas de danse orientale, qu’ils ne portaient pas de vêtements de femmes. »