Huile d’olive : pourquoi la taxe de Trump inquiète l’Espagne et favorise le Maroc

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

La décision de Donald Trump d’imposer prochainement des droits de douane sur les produits exportés vers les États-Unis, suscite des inquiétudes dans le rang des producteurs et exportateurs d’huile d’olive espagnols qui craignent que cette situation ne profite au Maroc.

« Aux grands agriculteurs des États-Unis : préparez-vous à produire davantage de produits à vendre sur le marché intérieur. Des droits de douane seront appliqués aux produits étrangers à partir du 2 avril », a indiqué le président américain dans un post sur la plateforme « Truth Social ». Une annonce qui a suscité des craintes parmi les producteurs et exportateurs d’huile d’olive espagnols qui estiment que cette nouvelle politique douanière de Trump pourrait favoriser d’autres pays comme le Maroc.

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« Trump a demandé un rapport sur la balance commerciale américaine avec les différents pays du monde, afin d’étudier ce rapport après le 2 avril et de prendre des décisions en conséquence. Si les droits de douane sont imposés sur toutes les importations sans distinction entre les pays ou les régions, il n’y aura pas de perturbation sur le marché mondial, puisque tout le monde sera soumis au même tarif douanier, et ce serait le meilleur scénario », a déclaré à The Objective, Rafael Pico, président de l’Association des exportateurs d’huile d’olive d’Espagne (ASOLIVA).

Mais si l’administration Trump impose des droits de douane à l’Union européenne en tant qu’organisation communautaire plutôt qu’aux pays-membres pris séparément, elle créerait un « problème » susceptible de favoriser d’autres pays comme le Maroc, fait observer Rafael Pico, rappelant que le royaume « occupe la neuvième place mondiale en matière de production d’huile d’olive et pourrait bénéficier du retour de Trump ainsi que de la nomination de Marco Rubio, un proche du Maroc, en tant que secrétaire d’État ».

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Cette imposition de droits de douane par Washington permettra au Maroc « à moyen terme de se positionner sur le marché américain, que ce soit pour l’huile d’olive ou d’autres produits agricoles », confirme auprès de Hespress un expert et consultant agricole, soulignant que, malgré la baisse actuelle de la production d’huile d’olive due aux conditions climatiques défavorables, le royaume pourra « revenir en force dans un délai de deux à trois ans et reprendre ses exportations tout en atteignant l’autosuffisance ».

Et d’ajouter : « Le royaume pourrait devenir une destination pour les producteurs européens, notamment espagnols, qui pourraient ainsi acheter des oliveraies, puis exporter leur production vers les États-Unis via le Maroc, qui bénéficie d’un accord de libre-échange avec Washington ».

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