Immobilier au Maroc : la justice traque l’argent sale
La justice marocaine passe à l’offensive contre l’argent sale dans l’immobilier. Face à l’explosion de transactions suspectes sur les côtes nord et à Casablanca, les autorités renforcent drastiquement les contrôles sur les professionnels du secteur.
L’alerte a été donnée par la Commission nationale des informations financières. D’après les révélations du quotidien Al Akhbar, d’importants flux de capitaux d’origine douteuse ont récemment inondé le marché de la pierre, particulièrement à Tanger, Kénitra, Casablanca, ou encore sur le littoral reliant Asilah à Tétouan. Face à l’ampleur de ces soupçons de blanchiment d’argent, plusieurs dossiers sensibles ont été directement transmis au parquet pour permettre à la Brigade nationale de la police judiciaire d’enquêter sur ces investissements opaques.
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Notaires, banques et agents immobiliers sont désormais au cœur des investigations. La métropole du détroit, portée par son boom urbanistique, concentre une grande partie des inquiétudes. « La ville de Tanger occupe une place particulière en raison de l’essor du secteur immobilier », souligne le journal. Cette traque vise à identifier les véritables sources de financement des promoteurs, en prélude à la troisième évaluation internationale du dispositif national anti-blanchiment attendue pour la fin de l’année.
Pour endiguer ce fléau et protéger notre économie, le ministère de l’Habitat, sous l’égide de Fatima Zahra Mansouri, muscle son jeu. Désigné comme instance de supervision légale, le département multiplie les campagnes de prévention à travers le pays. L’objectif de ces sessions est d’ancrer une culture de la conformité face aux risques de criminalité financière et de financement du terrorisme.
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Désormais, les professionnels de l’immobilier n’ont plus le droit à l’erreur ou à la négligence. Soumis à des obligations de vigilance drastiques, ils doivent scrupuleusement vérifier l’identité de leurs clients et bannir toute transaction avec des prête-noms ou des sociétés fictives. En cas de montage financier complexe, ils sont tenus de transmettre une « déclaration de suspicion » de manière totalement confidentielle, afin de ne pas éveiller la méfiance des acheteurs incriminés.