Ingénieurs : la France veut faire son marché au Maroc

9 novembre 2023 - 20h00 - France - Ecrit par : A.P

En raison de la baisse inquiétante du niveau des élèves en mathématiques en France, les écoles d’ingénieurs perdent en effectif. Certains responsables de ces établissements du supérieur préfèrent recruter des étudiants d’autres pays comme le Maroc.

« Je suis tombé de haut quand je me suis aperçu que les élèves ne savaient pas calculer l’aire d’un disque ! Le niveau s’est effondré dans le secondaire. Auparavant calculatoire, la physique est quant à elle devenue descriptive. En première et en terminale, les élèves font de la physique quantique, alors qu’ils ne savent pas ce qu’est un ressort ! », s’alarme Julien, professeur en maths sup en région parisienne, qui s’inquiète du niveau des futurs ingénieurs.

Le président de la Conférence des grandes écoles (CGE) et directeur des Arts et Métiers, Laurent Champaney, fait le même constat, déplorant que les écoles d’ingénieurs reçoivent de moins en moins de candidats. « Dans nos concours d’entrée, nous allons au bout des listes. Nous essayons de recruter large, mais c’est critique », confie-t-il. Malgré cette difficulté, le directeur des Arts et Métiers veut relever le défi de passer de 2 000 à 3 000 diplômés par an. « Nous allons puiser dans d’autres viviers que les classes prépas et aller aussi sur d’autres territoires, comme le Maroc », assure-t-il.

À lire : France : nouvel exploit des Marocains aux concours des écoles d’ingénieurs

Le niveau des élèves français en maths est alarmant. Ils traînent les tares depuis le primaire où « le système d’éducation français passe trop de temps sur les additions », s’insurge Charles Torossian, mathématicien et inspecteur général. Selon lui, les enseignants devraient aborder plus tôt avec les élèves les notions plus complexes comme la multiplication, la division, les fractions, les décimaux.

Les résultats catastrophiques des écoliers français à l’évaluation internationale Timss (Trends in International Mathematics and Science Study) en 2020, révèlent davantage leur faible niveau en décimaux et fractions. En Europe, les élèves français de CM1 sont derniers et ceux de quatrième avant-dernier. Pour changer la donne, certains experts suggèrent de revoir la pédagogie de manière à rendre les mathématiques plus accessibles aux jeunes élèves et d’intégrer les notions complexes « plus tôt, de façon progressive et intuitive ».

Sujets associés : France - Education

Aller plus loin

France : nouvel exploit des Marocains aux concours des écoles d’ingénieurs

En France, les étudiants marocains ont une fois de plus montré qu’ils sont des as en mathématiques et en physiques. En témoignent les résultats des concours des meilleures...

16 étudiants Marocains admis à l’école Polytechnique de Paris

Seize étudiants marocains intégreront cette année la prestigieuse école Polytechnique de Paris, alors que 7 sont en liste d’attente, selon l’ambassade de France au Maroc.

Fuite des cerveaux : le Maroc perd 600 ingénieurs par an

L’exode massif des compétences marocaines ne touche pas que le secteur sanitaire. L’ingénierie n’y échappe pas, selon une analyse faite par Hamida Benlemlih, directrice générale...

Femmes ingénieures : le Maroc en avance sur la France

Au Maroc, la plupart des jeunes filles optent pour des études scientifiques. Contrairement à la France, elles sont nombreuses à intégrer les écoles d’ingénieurs.

Ces articles devraient vous intéresser :

Le Maroc abandonne peu à peu le français pour l’anglais à l’école

Les matières scientifiques au Maroc seront désormais enseignées en anglais, a annoncé le ministère de l’Éducation. Cette réforme doit entrer en vigueur d’ici deux ans.

Un nouveau campus pour 2000 étudiants à Rabat

Le Groupe OCP a annoncé avoir obtenu le soutien de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), organisme du groupe de la Banque mondiale, pour la garantie des prêts finançant un nouveau campus UM6P à Rabat.

Ihssane Hadir remporte le concours de lecture arabe du Maroc

Les rideaux sont tombés sur la 6ᵉ édition de l’Arab Reading Challenge au Maroc, avec le sacre d’Ihssane Hadir. Elle battu plus d’un million d’élèves marocains qui ont participé à ce concours national.

Après le séisme, le défi éducatif du Maroc sous les tentes

Après le puissant et dévastateur tremblement de terre du 8 septembre, les enfants marocains se rendent à l’école et reçoivent les cours sous des tentes. Certains ont du mal à s’adapter, tandis que d’autres tentent d’« oublier la tragédie ».

L’anglais s’impose peu à peu dans l’école marocaine

Petit à petit, l’insertion de l’anglais dans l’enseignement se généralise au Maroc. Après le primaire, c’est au tour du collège, selon un communiqué du ministère de l’Éducation nationale dès la prochaine année scolaire.

Maroc : les gifles toujours présentes à l’école

Une récente enquête du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) lève le voile sur la persistance de pratiques de punitions violentes dans les établissements scolaires marocains.

Très difficile d’envoyer de l’argent aux étudiants marocains en Russie

Le gouvernement a apporté des clarifications concernant la loi de change en vigueur, notamment le mode opératoire des transferts d’argent pour les étudiants marocains à l’étranger. Les mères de familles marocaines peuvent toujours soutenir leurs...

Université Paris-Dauphine : propos racistes envers une étudiante voilée

Une étudiante voilée a été victime de propos racistes de la part d’une intervenante du jury lors d’une soutenance de fin d’année à l’Université Paris-Dauphine.

Maroc : l’enseignement de l’anglais au collège généralisé

L’enseignement de l’anglais sera généralisé dans les collèges au Maroc dès la rentrée scolaire 2023-2024, a annoncé dans une note Chakib Benmoussa, le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports.

Une école musulmane fermée à Villeurbanne

La préfecture de Villeurbanne a procédé à la fermeture d’une école musulmane, accueillant d’ordinaire une centaine d’enfants en primaire. Les parents se voient contraints d’inscrire leurs enfants dans d’autres établissements.