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Triste fin pour Karima, la voix d’or de Marseille

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25 novembre 2020 - 11h00 - Monde - Par: S.A

Kalima H. alias Karima, la «  voix d’or  » de la Fonky Family, groupe de rap de Marseille a connu une gloire éphémère. Elle s’est éteinte l’année dernière mais son décès n’a été «  officialisé  » que la semaine dernière.

L’année 1995 marquait le début d’une carrière prometteuse pour la jeune Marseillaise âgée alors de 22 ans. Grâce à sa «  voix d’or  », le morceau «  Bad Boys de Marseille  », le titre phare du premier album solo de Philippe Fragione alias Akhenaton est devenu un tube. Un tube qui contribuera au succès de l’album du leader d’IAM, sorti en octobre 1995 et vendu à plus de 300 000 exemplaires.

À l’époque, celle qui faisait rêver tant de jeunes était à mille lieues d’imaginer qu’elle allait connaître un destin tragique. Elle est décédée le 9 avril 2019, dans le IIIᵉ arrondissement de Marseille des suites d’une longue maladie, confie au journal Le Parisien sa famille. Celle-ci s’est abstenue de propager cette triste nouvelle. Majid K., promoteur de groupes de rap dans l’est de la France pendant 20 ans et ami de la chanteuse avait annoncé la nouvelle sur sa page Facebook, le 15 mai 2019. L’information est restée dans un cercle restreint. Ce n’est que la semaine dernière que Fonky Family a «  officialisé  » le décès de Karima.

«  Je l’ai connue en 1995. Elle avait participé à un concert à Strasbourg avec la Fonky Family. J’avais monté un des premiers groupes de rap en Alsace, en 1989. Quelqu’un lui avait donné mon nom et on s’est parlé pour évoquer des projets. J’aimais ce qu’elle faisait, j’étais amoureux de sa voix, une voix d’or, confie Madjid. On a gardé le contact ensuite  ».

La vie de la jeune femme basculera après sa rupture avec la Fonky Family. «  Nous avons choisi à ce moment-là des chansons plus engagées. On a pris un virage plus endurci, plus rap que chant. La présence d’une voix féminine n’était plus nécessaire  », explique à France 3 DJ Djel, l’un des membres du groupe. Karima tourna complètement le dos à la musique. «  Depuis Métèque et mat, l’album d’Akhenaton, il ne se passait plus rien. Elle a trouvé un travail comme aide à domicile et elle s’est aussi occupée de ses parents âgés pendant un temps  », se souvient Madjid.

«  Au niveau artistique, elle n’a pas eu la chance de rebondir. Elle a très mal vécu cette période au point d’avoir le morceau et le clip de Bad Boys de Marseille en horreur et a passé dix ans à recevoir des fausses promesses  », regrette-t-il. Les deux amis se retrouvent en 2016 à Marseille. Madjid voulait la faire revenir dans l’arène musicale. Mais cette volonté a été étouffée dans l’œuf. «  Elle avait un classeur entier de textes engagés. C’est là que j’avais réussi à la convaincre d’un retour, et d’enregistrer un album à Mulhouse. J’ai eu l’idée des affichettes avec son visage et les paroles de sa chanson emblématique… pour lui rendre hommage  », raconte-t-il.

Karima se souvient de son douloureux passé dans la musique puis y renonce. «  Enlève ça, je ne veux plus entendre parler de rap, de musique, m’a-t-elle lâché », se souvient Majid, selon qui la chanteuse estimait que «  ce clip (lui avait) porté la poisse  ». Elle n’aura pas réussi à revenir au-devant de la scène. Son état de santé se dégrade en 2018. «  Elle était affaiblie, elle avait maigri, mais gardait son sourire. Elle disait toujours tout va bien malgré son désespoir  », se rappelle Majid. La maladie aura eu raison d’elle en avril 2019.

Mots clés: Décès , Marseille , Rap

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