Maroc : une manifestante poursuivie après avoir accusé des policiers d’attouchements sexuels

- 15h40 - Maroc - Ecrit par : G.A

Une enseignante marocaine risque gros pour «  outrage  » après avoir accusé des membres des forces de l’ordre de l’avoir agressée sexuellement en mars pendant une manifestation d’enseignants «  contractuels  » demandant leur intégration dans la fonction publique. Nezha Majdi, âgée d’une vingtaine d’années, a été interpellée avec d’autres manifestants, mardi, alors qu’elle participait à un défilé réunissant quelques centaines de personnes.

Après 48 heures de garde à vue, elle a été poursuivie jeudi avec les 19 autres manifestants pour « violation de l’État d’urgence sanitaire », « attroupement non armé et non autorisé » et « outrage envers des agents de la force publique », a déclaré son avocate Souad Brahma. La jeune enseignante est la seule à être poursuivie pour « outrage envers corps constitué », rapporte l’AFP.

La jeune enseignante avait confié à une web-TV locale des faits assez graves. « Tout peut être tu, sauf l’atteinte à notre dignité qui est une ligne rouge », disait-elle, en larmes, dans cette vidéo devenue virale. « Nezha Majdi a osé dénoncer la violence sexuelle et au lieu d’être protégée, elle se retrouve poursuivie avec des accusations sans fondement », a déclaré Souad Brahma son avocate. Le procès est prévu le 20 mai à Rabat, a-t-elle confié.

Pour rappel, environ 85 000 enseignants ont été recrutés à partir de 2016 sur la base de contrats à durée déterminée (CDD). Ils avaient lancé en 2019 un mouvement de grève accompagné de manifestations, qui se sont déroulées généralement sans incidents. Ils avaient obtenu d’être intégrés en CDI au sein des Académies régionales de l’éducation nationale.

Mais depuis le début de cette année, ils ont entamé une nouvelle série de grèves sous fond de manifestations malgré l’état d’urgence sanitaire. Ils dénoncent cette fois-ci leur « statut précaire », et réclament une amélioration sans délais de leurs conditions.

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