Maroc : les stars du web traqués
L’ère du vide juridique s’achève pour les stars marocaines du web. La ministre de l’Économie, Nadia Fettah, a détaillé au Parlement le nouveau plan gouvernemental pour soumettre les revenus des influenceurs à l’impôt de droit commun.
Fini l’ambiguïté fiscale pour les créateurs de contenu. Qu’ils résident dans le royaume ou travaillent depuis l’étranger pour le marché local, leurs gains relèvent désormais de l’impôt sur le revenu. L’administration ne crée pas de nouvelle taxe, mais applique les textes existants à toute activité numérique lucrative et répétitive, incluant la monétisation, les placements de produits et les contrats publicitaires. Afin de garantir une équité totale avec les commerçants traditionnels, ces professionnels devront également s’acquitter de la TVA si leur chiffre d’affaires annuel franchit la barre des 500 000 dirhams, un seuil relevé à deux millions pour les plateformes d’e-commerce.
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Pour asseoir cette régulation, le ministère des Finances s’est largement inspiré des modèles américain et européen, où ces revenus sont strictement assimilés à des bénéfices commerciaux. L’exécutif compte même traquer les rémunérations plus volatiles, comme les cadeaux numériques. Sur le terrain, l’étau se resserre avec le déploiement de brigades spécialisées.
Ces unités ont désormais pour mission de scruter les réseaux sociaux afin de comparer le train de vie affiché par les influenceurs avec leurs déclarations officielles. Ce maillage s’appuie sur un échange de données ultra-rapide avec les banques et oblige les prestataires non-résidents à déclarer leurs recettes trimestriellement sur un portail dédié.
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Au-delà de la simple collecte de fonds, cette offensive vise à structurer un secteur économique en pleine explosion. En basculant vers l’économie formelle, ces professionnels du web disposeront enfin d’un cadre stable pour justifier leurs finances auprès des banques ou obtenir des visas. Devant les parlementaires, Nadia Fettah a rappelé que la participation aux charges publiques demeurait un devoir constitutionnel. Si le gouvernement privilégie pour l’instant la pédagogie et le « consentement volontaire » à l’impôt, le message est clair : la sphère numérique n’est définitivement plus une zone de non-droit.