Le Maroc s’apprête à acheter le TGV français

- 11h51 - France - Ecrit par : L.A

Le Maroc devrait signer en début de semaine prochaine avec la France un accord pour la réalisation d’une ligne de train à grande vitesse (TGV), à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy, un succès à l’international qui pourrait compenser un échec de l’avion de combat Rafale. "Les deux pays doivent signer lundi à Marrakech un accord sur (une) ligne à grande vitesse", a indiqué une source marocaine sous le couvert de l’anonymat. Les modalités pratiques de cet accord seront précisées ultérieurement par les deux capitales, a-t-elle ajouté.

Des experts marocains et français ont été chargés depuis un mois d’étudier la faisabilité du projet de cette ligne ferroviaire française à grande vitesse au Maroc", a précisé cette source.

Une source française proche du dossier avait indiqué auparavant que les deux pays s’apprêtaient à signer un accord, sans fournir de détails.

De son côté, le fabricant du TGV, le groupe français Alstom, dont le PDG Patrick Kron doit accompagner Nicolas Sarkozy lors de sa visite prévue de lundi à mercredi, s’est refusé à tout commentaire. Selon le site internet de l’Express, le TGV relierait Tanger (nord) à Marrakech (sud), distantes de plus de 500 km. La première tranche porterait sur un montant d’environ 1,8 milliard d’euros pour un projet total évalué à 3 milliards et une mise en service prévue entre 2012 et 2015.

Le contrat reliant les deux Etats, les chemins de fer français (SNCF) et marocains (ONCF) et des fournisseurs, dont Alstom, serait accordé de gré à gré, c’est-à-dire sans appel d’offres, affirme aussi le site de l’hebdomadaire.

Interrogée, la SNCF a également refusé de commenter mais a précisé que la présidente de la compagnie nationale, Anne-Marie Idrac, serait aussi du voyage présidentiel.

Jeudi, le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, avait indiqué que des contrats commerciaux pourraient être signés entre la France et la Maroc lors de la première visite du chef de l’Etat dans le royaume chérifien. "La France est le premier fournisseur et le premier client du Maroc. Un certain nombre de contrats seront signés, nous l’espérons, Inch’Allah", avait-il déclaré.

Si elle devait se concrétiser, la vente du TGV au Maroc pourrait apparaître comme une compensation à un échec du Rafale que la France ne parvient pas à exporter. En fin de semaine dernière, son fabricant Dassault espérait encore engranger au Maroc son premier contrat à l’exportation, en estimant que les négociations étaient dans une phase "politique". Rabat n’a encore rien annoncé mais la presse marocaine et française affirme déjà que le Maroc a choisi le F-16 américain plutôt que l’avion français.

La vente du TGV serait également un succès pour Alstom, qui n’a pour le moment exporté le TGV qu’une seule fois hors d’Europe, en Corée du Sud. Il s’apprête toutefois à le vendre à l’Argentine car le groupe français est désormais le seul candidat en lice pour réaliser la ligne Buenos Aires-Cordoba (700 km).

Selon la presse marocaine vendredi, Nicolas Sarkozy évoquera lors de sa visite d’Etat avec le roi Mohammed VI non seulement le dossier du TGV mais aussi celui de la centrale nucléaire de Safi (350 km au sud de Rabat sur la côte Atlantique).

AFP - Julie Charpentrat

  • La France et le Maroc d'accords pour le TGV

    Le président de la République Nicolas Sarkozy est arrivé, lundi 22 octobre à Marrakech, dans le sud du Maroc, pour une visite d'Etat de trois jours dans le pays, au cours de laquelle seront signés d'importants accords économiques entre les deux pays. A peine le président arrivé, l'Elysée a annoncé plusieurs accords bilatéraux. Le premier concerne la réalisation d'une ligne de train à grande vitesse (TGV) entre Tanger et Casablanca. La France et le Maroc ont signé un protocole d'accord pour la réalisation de cette ligne

  • Nicolas Sarkozy au Maroc

    Nicolas Sarkozy est arrivé lundi après-midi à Marrakech pour une visite d'Etat de trois jours au Maroc, la première de son quinquennat. Le président français a été accueilli à sa descente d'avion par le roi Mohamed VI, avec qui il devait ensuite avoir un premier entretien et présider la signature d'une série de conventions et d'accords économiques.

  • Le Maroc et la France signent pour 3 milliards d'euros de contrats

    Le président Nicolas Sarkozy a annoncé mardi à Rabat que la France avait signé la veille des contrats avec le Maroc pour un montant de 3 milliards d'euros. "C'est une magnifique visite d'Etat. Les intérêts de la France y sont bien défendus. Nous avons signé pour trois milliards de contrats hier (lundi) avec Sa Majesté", a déclaré le président français aux journalistes à la suite de son intervention devant le Parlement marocain.

  • Rabat et Paris projettent une coopération nucléaire

    La France et le Maroc vont coopérer dans le domaine du nucléaire, en vertu d'une déclaration d'intention. Elle devrait être signée lundi 22 octobre au cours de la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc, selon une source proche du gouvernement marocain.

  • La France et le Maroc s'engagent dans un partenariat nucléaire civil

    Nicolas Sarkozy a déclaré, mardi soir, que la France et le Maroc avaient décidé de s'engager dans un "partenariat" dans le domaine du nucléaire civil. "La France veut accompagner les grands chantiers structurants que votre pays a lancés pour tirer le meilleur parti de son intégration à l'économie mondiale", a-t-il expliqué dans un toast porté en l'honneur du roi Mohammed VI, lors d'un dîner officiel, au deuxième jour de sa visite d'Etat au Maroc. "Par-delà le projet de TGV (...), j'ai le plaisir d'annoncer que nous avons décidé de nous engager ensemble dans un autre grand chantier, un autre grand partenariat, celui de l'énergie nucléaire civile", a-t-il poursuivi.

  • Les non-dits du TGV

    Le compte à rebours a-t-il déjà commencé pour la mise en œuvre du projet du train grande vitesse ? A en croire Thi-Mai Tran, directeur du développement à Alstom Transport, il ne tarderait pas à être déclenché. Surtout que le projet est propulsé par la volonté politique des Etats marocain et français. Laquelle volonté est aussi assortie, côté français, d'un financement équivalent à 50% du coût total.

  • 1.500 km de TGV pour 9 milliards d'euros

    La ligne à grande vitesse qui doit relier Tanger à Agadir à l'horizon 2030 coûtera 9,1 milliards d'euros et sera financée pour moitié par des partenaires français. L'union européenne, le Fond arabe pour le développement économique et social, la Banque européenne d'investissement, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement participent aussi à cet effort de développement des corridors de transport à grande vitesse européen et maghrébin.

  • Un TGV à défaut du Rafale

    Après le refus du roi Mohammed VI d'acheter l'avion de combat de Dassault, Rabat négocie avec l'Élysée la fourniture du TGV. Le geste royal permettrait de maintenir la visite, fin octobre, de Nicolas Sarkozy au Maroc.

  • Rachida Dati accompagnera Sarkozy au Maroc

    La ministre française de la Justice Rachida Dati, accompagnera le président Nicolas Sarkozy au Maroc pour une visite d'Etat de trois jours à compter de lundi. Première personnalité d'origine étrangère à diriger un ministère régalien en France, Rachida Dati est l'un des symboles de l'ouverture du président de la République à la "diversité".

  • Les incohérences françaises responsables de l'échec du Rafale au Maroc

    300 millions d'écart entre deux propositions françaises ! L'échec aujourd'hui quasi-certain de la vente de Rafale au Maroc s'explique par des "incohérences" dans l'offre française. Selon nos informations, Dassault et la Délégation générale pour l'armement (DGA) n'ont pas fait la même offre en terme de prix, après que le roi Mohammed VI a manifesté, au printemps 2006, son intention d'acheter le nouvel avion de combat français. Une différence de 300 millions d'euros, soit 20% d'écart ! Face à une telle pagaille française, les Marocains ont eu beau jeu de s'en remettre au plus offrant... c'est-à-dire aux Américains.