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Un Marocain écope de cinq ans de prison pour viol par la Cour d’assises de Paris

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7 mars 2021 - 11h20 - Société - Par: S.A

La Cour d’assises de Paris a condamné, vendredi 5 mars, Abdellah O., un Marocain de 35 ans, reconnu coupable d’un viol, d’une tentative de viol et d’une agression sexuelle à cinq ans de prison, dont un an avec sursis. Alors que son avocat se félicite de ce jugement, les parties civiles expriment leur amertume.

Outre cette condamnation, Abdellah O. fait désormais l’objet d’une interdiction du territoire français pendant 10 ans. Les faits reprochés au prévenu s’étaient déroulés entre mai 2012 et juin 2013, dans un périmètre d’un kilomètre autour de la station Ménilmontant à Paris (XXe). Il s’agit de deux viols et de deux tentatives de viol. À l’époque, le prévenu était boulanger, et s’attaquait à des femmes brunes, seules, en jupe, peu avant l’aube, fait savoir Le Parisien.

Lors de sa comparution devant la Cour d’Assises de Paris, vendredi, Abdellah a été acquitté du viol d’une jeune femme, Laureline*, faute « d’éléments de preuve déterminants », et de la tentative de viol sur Géraldine Jeffroy* requalifiée en agression sexuelle. Une source de déception pour les parties civiles. « Ma cliente est très marquée et déçue, car son statut de victime n’a pas été reconnu », a expliqué Serge Money, l’avocat de Laureline. « J’ai le sentiment que pour les jurés, qui étaient principalement des hommes, il aurait fallu que je me débatte moins pour que la tentative de viol soit établie », se désole Géraldine Jeffroy.

En revanche, Abdellah O. a été condamné pour le viol de Juliette, 35 ans. Un «  soulagement  », a soufflé cette trentenaire qui déplore toutefois l’acquittement et la requalification. « J’y vois, une fois de plus, une minimisation des violences faites aux femmes. Il m’est impossible, dès lors, de me sentir en sécurité dans la rue », a-t-elle dit. Les parties civiles peinent à comprendre que l’agresseur de quatre femmes écope seulement de quatre ans ferme au lieu de 15 ans de réclusion comme le prévoit la loi.

« Il m’a fallu beaucoup de temps pour expliquer à mon client qu’il ne passerait pas 15 ans derrière les barreaux. Il s’attendait à une peine bien plus lourde », a précisé Romuald Sayagh, l’avocat de la défense, qui se dit satisfait de cette « décision équilibrée et humaine ». « Les jurés ont bien compris qui était mon client. Loin du cliché du prédateur, c’était un homme perdu, propulsé d’un village du fin fond de l’Atlas à Paris » a-t-il ajouté. Abdellah O., désormais marié et père de deux enfants en Espagne, a déjà passé deux années en détention provisoire, soit la moitié de la peine.

*Prénom d’emprunt

Mots clés: Paris , Prison , Sexualité , Violences et agressions

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