Marseille marche pour Soucayna, morte pour rien

- 19h00 - France - Ecrit par : P. A

Plus de 200 personnes ont participé samedi à Marseille à la marche blanche organisée en mémoire de Soucayna, cette étudiante en droit, tuée le 10 septembre d’une balle perdue en pleine tête lors d’une fusillade entre trafiquants de drogue.

Soucayna, âgée de 24 ans, est, encore, une victime collatérale de ce règlement de comptes entre narcotrafiquants à Marseille. L’étudiante en deuxième année de droit a reçu une balle perdue dans la tête alors qu’elle révisait dans sa chambre, au domicile familial à Saint-Thys dans le Xᵉ arrondissement de Marseille. Quarante-et-un jours après ce drame qui a secoué Marseille et toute la France, une marche blanche a été organisée samedi pour rendre un dernier hommage à la jeune femme, mais aussi pour s’indigner.

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« Fermer les yeux et ne rien dire, c’est cautionner. Force et courage à la famille de Soucayna ! Une balle perdue, ça peut arriver à tout le monde », peut-on lire sur des pancartes. Arborant des tee-shirts avec le slogan « Soucayna, toujours dans nos cœurs » et une photo de la jeune femme, les participants à cette marche blanche, drapeaux blancs en main, ont exprimé leur colère. « C’est une étape du deuil importante mais c’est aussi une marche pour alerter sur la violence qui s’abat sur Marseille. Soucayna est morte chez elle, dans sa chambre ! Il faut qu’il y ait une prise de conscience de chacun, que les gens se soulèvent », explique au journal Le Parisien Hassna, la tante de la jeune victime, à la fin de la marche.

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Et d’ajouter : « Vous, trafiquants, vous avez introduit votre guerre dans nos maisons, nos quartiers. C’est une de vos balles qui l’a tuée. Nous exigeons justice pour nos victimes ». « On est là pour dire stop, ce degré de violence n’est plus possible ! », a déclaré pour sa part Karima Meziene, avocate et porte-parole du collectif des familles de victimes, et dont le frère a été aussi assassiné. « Les renforts de police et de PJ ne suffisent pas. Aujourd’hui, il y a des assassins en liberté, ce qui les rend surpuissants et de plus en plus violents. Pour les familles qui se constituent partie civile, très souvent le seul résultat est de recevoir un non-lieu quelques mois plus tard ».

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Jusque-là, l’enquête ouverte pour « assassinat et tentative d’assassinat en bande organisée » après la mort de Soucayna, n’a toujours pas abouti et aucun des suspects n’a encore été interpelé. Les fusillades entre trafiquants de drogue se multiplient à Marseille. En tout, 92 ont été enregistrées depuis le début de l’année, causé 46 morts et 110 blessés, dont au moins quatre victimes collatérales. « Trop de jeunes sont en train de partir, on ne peut plus tolérer cette violence. Il faut dire stop… La préfète de police n’utilise plus le terme de règlement de comptes, mais d’assassinat et la procureure parle de narchomicide. C’est symbolique mais c’est un progrès », confie Atika, la présidente du collectif des familles de victimes.

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