Mohamed El Madani, du ramassage de ferraille à l’empire immobilier

- 20h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

Arrivé du Maroc sans ressources, et victime de préjugés et de discriminations, Mohamed El Madani est aujourd’hui un grand entrepreneur immobilier en Espagne. Son entreprise, Urbanflip, réalise un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros par an.

Mohamed El Madani est un entrepreneur marocain accompli en Espagne, pays qu’il a rejoint à l’âge de 10 ans. Brillant à l’école, il a obtenu plusieurs bourses d’études. Il a fait ses premières armes dans le secteur bancaire, avant de commencer à bâtir son empire dans l’immobilier. Le Marocain est aujourd’hui à la tête d’Urbanflip, l’une des meilleures entreprises immobilières de Madrid. Sa mission, acquérir des biens immobiliers situés dans des quartiers huppés de la capitale, les rénover et les revendre.

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Dans le cadre de ce projet, Mohamed analyse les portails immobiliers afin d’identifier les bons logements. Il compare les prix et évalue d’autres facteurs tels que l’étage, l’orientation du balcon, l’existence d’un ascenseur ou la possibilité d’ajouter des pièces. Une équipe visite les lieux et engage les négociations avec les propriétaires pour acheter le bien. L’État n’apporte que 10 à 25 % de l’investissement. Le reste provient de particuliers dont les contributions varient entre 5 000 et 80 000 euros chacun. Le projet a connu un franc succès. Les plus de 1 000 investisseurs privés qui y ont participé ont obtenu un rendement moyen de 30 %.

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« Avant, pour certains, je n’étais qu’un Maure, maintenant ils me voient comme un investisseur arabe », confie Mohamed à El País. La vie n’a pas été rose pour le Marocain qui ramassait de la ferraille avec sa famille pour gagner de l’argent. « Parfois, la police nous arrêtait dans une zone industrielle de Humanes à trois heures du matin, et lorsqu’elle voyait un père et deux enfants de 12-13 ans, elle se demandait ce qu’on faisait là alors qu’on devait être à l’école », détaille-t-il.