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Un rapport inquiétant de l’ONU sur le mariage des mineurs au Maroc

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7 juillet 2020 - 06h30 - Société

Au Maroc, le mariage des mineurs des enfants représente près de 14 %. C’est ce qu’indique le dernier rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Selon le rapport de l’UNFPA, ce type d’union se pratique dans certaines régions marocaines où la population est essentiellement pauvre. "Le mariage des enfants compromet la scolarité des filles et leur capacité à trouver un travail. Cette pratique les empêche également de prendre des décisions autonomes concernant leurs corps et leur avenir", souligne l’UNFPA.

Quid des chiffres locaux ? Selon les chiffres communiqués par le ministre de la Justice, Mohamed Ben Abdelkader devant les parlementaires, le 21 janvier 2020 à Rabat, 32 000 demandes de mariage de mineurs ont été soumises à la justice en 2018 au Maroc, dont 26 000 accordées, soit 81%. Les demandes restantes ont été rejetées.

98% de ces demandes ont été formulées par des chômeurs dans le monde rural, avait précisé le ministre, ce qui confirme les résultats du rapport de l’UNFPA, lequel souligne que le mariage précoce concerne principalement la population pauvre et peu instruite.

Certes il existe une loi interdisant le mariage des enfants de moins de 18 ans au Maroc mais l’article 20 du code de la famille stipule que "le juge de la famille chargé du mariage peut autoriser le mariage du garçon et de la fille avant l’âge de la capacité matrimoniale prévu à l’article 19 ci-dessus, par décision motivée précisant l’intérêt et les motifs justifiant ce mariage. Il aura entendu, au préalable, les parents du mineur ou son représentant légal. De même, il aura fait procéder à une expertise médicale ou à une enquête sociale".

La mise en place de cette mesure judiciaire vise à mettre fin aux mariages religieux ou mariage à la Fatiha, adoptés autrefois par les familles qui marient leurs filles mineures en échappant aux dispositions légales. Sauf que le nombre de mariages précoces autorisés par les tribunaux va crescendo. Les associatifs révoltés évoquent un "vide juridique flagrant".

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