Réforme hospitalière, Baddou ne veut pas céder

24 avril 2008 - 20h34 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Nos femmes accouchent comme des bêtes dans les CHU ». Yasmina Baddou ne mâche pas ses mots quand elle parle de la situation dans les services de maternité publics. Elle se dit même choquée par les « conditions inhumaines » des services d’accouchement dans les CHU.

« Je vous invite à les voir », s’indigne la ministre devant un parterre de médecins, associations, société civile et professionnels de la santé. Ils étaient nombreux à assister à la rencontre organisée mardi dernier à la faculté de médecine de Casablanca par le Collectif démocratie et modernité sous le thème « Quel projet de santé pour le Maroc ? ».

Pour Baddou, les objectifs à atteindre ont été déclinés dans la stratégie 2008-2012. Celle-ci précise qu’il faut arriver à 50 décès, contre 227 actuellement, pour 100.000 naissances. Quant à la mortalité infantile, le but est de passer de 40 à 15 décès pour 1.000 naissances.

La ministre a évoqué dans son intervention le manque d’autonomie et de coordination entre les hôpitaux et les centres de base, l’absence d’organigramme et de règlement intérieur. « C’est pour cela que les médecins chôment », dit-elle. Cette liste noire est complétée par l’absentéisme et la corruption, l’absence de référence de soins et l’insuffisance de compétences managériales…

Ceci dit, les points positifs ont été également évoqués : éradication d’un certain nombre de maladies, généralisation de la couverture vaccinale à 95% en 2006, augmentation de l’utilisation des contraceptifs par les femmes mariées de 15 à 49 ans…. La ministre a parlé aussi de l’urgence de la mise en place de la carte sanitaire pour réduire les disparités régionales et corriger les dysfonctionnements dans l’organisation du système de santé. Elle propose de réduire la part supportée par les ménages dans le financement de la santé à moins de 25% à l’horizon 2015.

Après avoir fait un rappel de sa stratégie, Yasmina Baddou s’attelle aujourd’hui à sa mise en œuvre. Ainsi, la planification stratégique est basée sur des plans quinquennaux concernant les ressources humaines, les équipements, les infrastructures… Cette planification est renforcée par des plans nationaux spécifiques à plusieurs maladies (cancer, diabète, néonatologie, santé mentale, maternité, santé rurale, maladies cardiovasculaires, lutte contre la tuberculose...). Pour ce faire, 18 commissions thématiques s’occuperont du volet juridique, des hôpitaux, de l’approvisionnement ou la politique en médicament, des ressources humaines, de la prévention et de la sensibilisation, outre la veille et la sécurité sanitaire…

Pour Baddou, les défis de la santé ne peuvent être relevés que par des actions communes et concertées de l’ensemble des intervenants (privé, ONG, Etat, industriels…).

Débat

« Sans valorisation des médecins, nous ne pouvons pas valoriser la santé », a indiqué un médecin résident lors de cette rencontre. Les médecins résidents en grève ont eu la promesse d’être reçus par la ministre à condition que leur syndicat soit représentatif.

Des enseignants chercheurs, des médecins spécialistes (dentistes…) ont pu aussi exposer leurs doléances. Sur la question de l’entrée en vigueur du Ramed, Baddou a assuré que le budget et les ressources humaines sont prêts. Il ne reste plus que la mise en place du décret et ses arrêtés qui seront discutés lors du prochain conseil de gouvernement. Du côté des urgences, la ministre a évoqué la mise en place d’un système de régulation qui permettra à la protection civile de se déplacer avec le Samu. Elle annonce par ailleurs un plan de communication sur le don d’organes.

Source : L’Economiste - F.Z.T.

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