Salma, Marocaine résidant en Suisse, raconte son combat contre le cancer
Salma Fumasoli, 34 ans, est totalement guérie d’un cancer du sein depuis décembre 2024. La Fribourgeoise d’origine marocaine, qui a repris son métier d’enseignante en mars dernier après une année d’absence, raconte cette douloureuse expérience.
Difficile de se refamiliariser avec sa vie d’avant, après une année où elle s’est battue contre le cancer de sein. Salma essaie de reprendre le cours de sa vie, non sans difficultés. « On parle beaucoup de la force qu’il faut durant les traitements, mais beaucoup moins de celle qu’il faut déployer pour reprendre son travail », confie-t-elle à La Tribune de Genève. L’enseignante fribourgeoise d’origine marocaine par sa mère, totalement remise du cancer du sein en décembre 2024, a retrouvé progressivement ses élèves au niveau primaire depuis le 30 mars dernier.
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La trentenaire tient à sensibiliser sur les difficultés de réadaptation, une réalité peu connue, selon elle. La question préoccupe l’Hôpital de Fribourg (HFR) où elle a suivi son traitement. « Une femme sur huit développe un cancer du sein au cours de sa vie » et à Fribourg, « chaque année, environ 130 femmes en âge de travailler sont nouvellement atteintes d’un cancer du sein curable », indique l’établissement sur son site web. C’est fort de ce constat que l’hôpital a mis en place depuis quelques années un programme de réadaptation comprenant physiothérapie, pilates, groupes de parole, cours de nutrition… pour aider à réduire l’impact des thérapies.
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Salma n’a pas pu bénéficier de ce programme pour raison de calendrier. « Quand on m’a annoncé ma guérison, j’ai ressenti un immense soulagement et, paradoxalement, un vide. Après tant de mois à être soutenue, l’absence de suivi rapproché laisse un sentiment de solitude », témoigne-t-elle. La jeune femme raconte avoir été contrainte de libérer son appartement et abandonner son travail pour combattre ce « triple cancer négatif ». « On m’a expliqué qu’il était plus difficile à soigner, car il ne répond pas à certains médicaments anticancéreux. Il survient plus fréquemment chez les femmes de moins de 40 ans. Dans ma famille, il n’y avait aucun antécédent. »
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Salma a été diagnostiquée le 4 avril 2024. « C’est comme se prendre un tsunami. J’adore mon travail. J’ai toujours voulu être enseignante. Le fait de devoir faire une pause d’une année a été un déchirement supplémentaire », déclare la Fribourgeoise qui dit s’être sentie inutile. « C’est assez violent ce sentiment. On est tous pris par ces injonctions sociales qu’il faut travailler et être efficaces. Il n’y a pas de place pour la maladie. Ou, en tout cas, pas trop longtemps. » La jeune femme a subi 6 mois de chimiothérapies et d’immunothérapie, puis opérée d’une tumeur avant de suivre une radiothérapie. Mais entre entre-temps, elle a été victime d’une paralysie faciale du côté gauche et d’un problème de coagulation nécessitant une nouvelle hospitalisation.
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Après sa guérison, l’enseignante a repris progressivement ses activités. « Au début, quand j’ai repris, je ne faisais que les après-midis parce que le matin, c’était trop difficile. Maintenant, j’arrive à me lever un peu plus tôt et à faire mes heures le matin, trois fois par semaine, pour que je puisse dégager mes après-midis pour me reposer, ou pour mes rendez-vous médicaux, ou simplement pour prendre du temps pour moi. » Salma reprendra totalement les rênes de sa classe le 31 mars 2026. Mais avant, elle a « encore un important rendez-vous en novembre ». « J’attends qu’on me répète que je suis bien guérie. Et puis, seulement à ce moment, je pourrai envisager de me projeter. »