Travailleurs migrants : le Québec durcit les règles du jeu

- 14h20 - Monde - Ecrit par : Betty de G.

Le Québec prévoit d’exiger une connaissance minimale du français aux travailleurs étrangers temporaires. Cette maitrise de la langue sera vérifiée avant toute délivrance d’un permis de travail.

Le gouvernement de François Legault a déposé jeudi un projet de règlement pour exiger une connaissance minimale du français aux travailleurs temporaires. La mesure avait été annoncée par la ministre de l’Économie Christine Fréchette, alors en charge de l’Immigration. Lors d’une conférence de presse le 1ᵉʳ novembre 2023, elle avait affirmé qu’elle demanderait aux migrants bénéficiaires du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) une preuve de la maîtrise du français de niveau 4 à l’oral lors du renouvellement de leur permis de travail.

Selon elle, ce niveau de connaissance du français requis vise à s’assurer de la capacité du migrant à « discuter avec [son] entourage » de « sujets familiers ». Pour les autorités québécoises, l’expérience a montré que les migrants ayant ce niveau de français comprennent « le sens général de conversations brèves liées à des activités ou à des situations courantes ». C’est sans doute pour cette raison que le gouvernement Legault a déposé ce projet de règlement qui impose la connaissance du français de niveau 4 pour les participants au PTET, à l’exception des employés du secteur de l’« agriculture primaire », rapporte Le Devoir.

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L’entrée en vigueur de ce règlement est prévue pour cet automne, mais la mesure ne sera imposée qu’à partir de 2028, précise-t-on, soulignant que le texte a prévu une période transitoire de trois ans, égale à la durée maximale d’un permis de travail. Le gouvernement dit être conscient que ces « modifications […] pourraient avoir un impact indirect sur la compétitivité des entreprises au Québec ».

« Comme les autres provinces canadiennes n’imposent pas d’exigence linguistique aux travailleurs étrangers temporaires, ceux qui voudront, après un séjour de trois ans, occuper des emplois dans les entreprises québécoises auront une exigence de plus à satisfaire », a indiqué Jean-François Roberge, l’actuel ministre de l’Immigration, précisant qu’« en revanche, une meilleure connaissance du français favoriserait l’intégration en milieu de travail et de vie des travailleurs, contribuant ainsi à pourvoir durablement les postes vacants tout en soutenant l’activité économique au Québec ».

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