Asma Lamrabet plaide pour une lecture réformiste et féministe de l’islam

- 11h00 - Maroc - Ecrit par : G.A

L’écrivaine marocaine Asma Lamrabet a déclaré jeudi, au cours d’un séminaire organisé en visioconférence à l’occasion de la journée internationale de la femme, que l’épanouissement de la femme dans les pays musulmans dépend de la lecture réformiste et féministe de l’islam. Elle estime que cette réforme pourrait être menée à travers la mise en œuvre d’une « lecture éthico-spirituelle » de l’Islam qui soit en rupture avec la lecture patriarcale traditionaliste, qui a donné lieu à une pratique religieuse discriminatoire profonde » à l’égard des femmes.

L’essayiste et féministe marocaine est l’auteure d’un récent livre qui traite du sujet : « Le prophète de l’Islam et les femmes ». Elle a affirmé que « la vision réformiste qu’elle propose pourrait contribuer à amorcer une lecture de l’égalité, de la justice et de la libération aussi bien des hommes que des femmes, car elle ne fait que rééquilibrer et ré-harmoniser le féminin avec le masculin chez l’être humain ». Une vision, qui, selon la biologiste, n’est pas différente des valeurs intrinsèques des pays musulmans. L’objectif de cette lecture consiste à « décoloniser les esprits de ce double ordre : celui de se conformer à un modèle abstrait d’« émancipation universelle » et de s’affranchir d’une aliénation fataliste de leur propre culture ».

Elle évoque la polygamie, le voile, 50 % de l’héritage pour une femme ou encore la soumission des femmes aux hommes, et appelle à faire la différence entre « la source éthico-spirituelle révélée au prophète, d’une part, et les interprétations et autres compilations islamiques classiques médiévales qui étaient le produit de leur environnement patriarcal humain, social et culturel ».

Présent à ce séminaire, l’ambassadeur du Maroc à Buenos Aires, Yassir Fares, a fait savoir que « l’évolution de la cause de la femme au Maroc est le parfait reflet de l’évolution de la société et de sa profonde transformation sur les plans social, économique et culturel ». Pour lui, les femmes marocaines sont de plus en plus présentes dans des secteurs, jadis, exclusivement masculins. Quant à Imane Dryef, ministre-conseiller à l’ambassade du Maroc, il a indiqué que les droits des femmes et la question de l’égalité des genres font partie des priorités des autorités marocaines.

Les intervenantes à ce séminaire ont soulevé la nécessité pour les autorités de s’impliquer davantage en faveur de l’émancipation des pays africains. Les femmes au Maroc et en Amérique Latine partagent les mêmes problèmes en termes d’éducation des enfants et de conciliation entre travail et vie de famille, a indiqué Maria Noël Vaeza, Directrice régionale de ONU Femmes.

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