Campagne contre les abus sexuels sur les enfants

- 12h29 - Maroc - Ecrit par :

Les abus sexuels sur les enfants sont restés pendant longtemps inavouables vu toute la honte et le secret qui entourent ce problème. Aujourd’hui, s’il l’on ose timidement dénoncer ce crime désastreux c’est grâce, entre autres, aux campagnes de sensibilisation qu’organisent les associations. La dernière en date est celle organisée par ACHOROUK, association de parents et amis de personnes en souffrance psychique qui a réuni des juristes, des psychiatres, des médecins, des parents ainsi que de nombreuses associations.

Ces spécialistes ont tenté tout au long de la journée de débattre des différents problèmes que posent les sévices sexuels : Qu’est ce que c’est que l’abus sexuel sur un enfant, que doit faire la famille quand elle confrontée au problème, à qui s’adresser pour trouver aide et conseils, comment déceler chez l’enfant des stigmates d’une agression sexuelle, à qui doit-on parler, qui alerter en cas de doute, quelle est la place d’une aide psychologique ?...
On peut aussi chercher à savoir pourquoi cet intérêt aujourd’hui.
Le Dr Hachim Tyal, président de l’association CHOROUK affirme que l’intérêt est surtout lié au fait qu’un vent de liberté souffle sur le pays d’où le fait qu’on ose parler de ce qu’il était interdit d’exprimer auparavant.
Ceci d’autant plus qu’à l’étranger des cas « explosifs » défraient la chronique et que le Maroc a ratifié en 1993 la convention des droits de l’enfant qui stipule que « les états, la collectivité et les parents doivent protèger les enfants contre les brutalités physiques ou mentales, la négligence ou l’abandon y compris contre la violence et l’exploitation sexuelle ».
Il a également précisé que l’abus sexuel est défini par de nombreux auteurs comme « la participation d’un enfant ou d’un adolescent mineur à des activités sexuelles qu’il n’est pas en mesure de comprendre, qui sont inappropriées à son âge et à son développement psycho-sexuel ».
C’est au fait une activité sexuelle qui peut être exercée soit avec violence soit sous la contrainte ou encore par le biais de la séduction. Tous les enfants sont concernés par ce problème, mais les plus exposés sont ceux des milieux défavorisés, les enfants des rues, les petites bonnes. Le Dr Guessous, radiologue qui a écrit un livre sur les petites bonnes a justement parlé du douloureux vécu des petites bonnes et du choix qu’elles n’ont pas quelquefois devant leur agression par le maître de maison chez qui elles travaillent ou un de ses fils. Il a affirmé que 50% de ces petites créatures deviennent des prostituées parce qu’elle n’ont aucune autre alternative lorsqu’elle tombent enceintes.
Répercussions psychologiques
Les répercussions psychologiques sont souvent graves et peuvent revêtir plusieurs aspects dont la perte de confiance, les désordres psychologiques, la culpabilité, le stress,… a déclaré le Dr OUARDINI, psychologue.
En effet, un enfant victime de sévices sexuels développe une mauvaise estime de lui, a du mal à établir des relations avec d’autres et a le sentiment « d’être un moins que rien ».
Certains enfants abusés sexuellement refusent d’aller à l’école, ont des problèmes de sommeil, font des cauchemars et deviennent dépressifs.
Ils sont convaincus que leur corps est sale...
Les dommages émotionnels et psychologiques à long terme peuvent être catastrophiques (suicide délinquance.......). C’est, en tout cas, un vrai drame car le devenir d’un être innocent est à tout jamais compromis. Quant à la famille, elle est toujours désarçonnée, ne sachant quoi faire.
Elle se replie sur elle même, cache ce qui s’est passée parce qu’elle a honte, parce qu’elle ne veut pas devenir la risée de tout le quartier et aussi pour protéger son enfant d’autres agressions.
Ce silence permet de perpétuer en toute impunité ce crime impardonnable. Il est temps de briser le mur du silence et de parler de ce problème.
Si un enfant se plaint d’une agression sexuelle, les parents doivent l’écouter et comprendre ce qui s’est passé.
Ils doivent alerter les autorités et les associations.
Ils doivent également conduire l’enfant chez un spécialiste pour une aide psychologique et insister sur le fait que ce qui est arrivé n’est pas sa faute.
Pour mieux protéger leurs enfants contre toute forme d’agression, contre les dangers qui les guettent, les parents doivent leur parler de la sexualité dès le plus jeune âge.
C’est le meilleur moyen de les inciter à parler naturellement s’ils leur arrivent quelques chose.
En marge de cette journée l’association CHOROUK organise du 20 mai au 20 juin une intervention dans les écoles et collèges du secteur privé et public de Casablanca dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur les abus sexuels sur enfants. Des ateliers seront organisés par les enseignants dans leurs classes sur la base d’outil de travail élaborés par CHOROUK.

Source : Le Matin

  • Maroc : les crimes sexuels contre les enfants

    L'ONDE (Observatoire National des Droits de l'Enfant) mène depuis le 14 décembre une campagne nationale de sensibilisation contre l'exploitation sexuelle des enfants.

  • Les femmes marocaines s'adressent aux ONG pour dénoncer leur drame

    Dans la région de Tensift El Haouz (Marrakech), les femmes victimes de mauvais traitements perpétrés par leurs propres maris sont de plus en plus nombreuses à dénoncer l'oppression qu'elles subissent. Preuve en est le nombre croissant de plaintes reçues par l'unique centre d'écoute de la région « Hawwaâ », créé en 1999 par l'association « Ennakhil » pour la femme et l'enfant.

  • L'éducation sexuelle à la Marocaine !

    De la naissance à la pré-adolescence, l'enfant découvre son corps, subit des pulsions, bien souvent dans le silence le plus total ou, plus grave encore, dans l'interdit. À grand renfort de " h'chouma " et de tabous, l'éducation sexuelle marocaine déforme plus qu'autre chose le futur adulte. Constat en collaboration avec Soumaya Naamane Guessous, sociologue et écrivain.

  • Maroc : le tabou et la détresse des mères célibataires

    Au Maroc, Aïcha Chenna se bat pour lever le tabou des mères célibataires, parfois de très jeunes filles victimes de viols ou d'incestes. L'association "Solidarité féminine", qu'elle a créée en 1985, accueille et réinsère ces mères et leurs enfants, que la société condamne. Témoignage d'une femme sensible et courageuse.

  • Filles-mères : une injustice sociale

    20 ans et déjà marquée par les affres de la vie. Ne faisant confiance ni à son entourage ni aux autres, Nora s'est renfermée sur elle-même préférant couper le contact avec tous. Le teint terne et le regard vide, cette jeune fille a fortement été déçue par celui qui lui a promis, en échange de ses faveurs et de son amour, un foyer ainsi qu'une stabilité.

  • Femmes de ménage sur le trottoir

    A Marrakech, des femmes de ménage à la recherche de quelques heures de travail glissent peu à peu dans la prostitution. Patrons ou clients, la différence n'est pas très grande mais ces non professionnelles, qui ne savent pas se protéger, risquent de contracter et de propager le Sida.

  • Les enfants du Maghreb, premières victimes des mouvements de migration

    Les enfants du Maghreb sont les premiers à subir les effets néfastes de la migration, tant dans leur pays d'origine que dans le pays d'accueil, ont souligné des chercheurs à Marrakech lors d'une conférence internationale sur les droits de l'enfant en Méditerrannée.

  • Le mariage mixte : un problème aux aspects multiples

    La cellule d'études des relations internationales du Maroc (C.E.R.I.M) relevant de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l'Université Mohammed 1er d'Oujda a organisé un colloque international sur le thème « Le mariage mixte dans les relations euro-maghrébines » avec le concours de la fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger et la fondation Konrad Adenauer.

  • Honte et servitudes...

    Elle serait tombée du balcon en jouant. Elle aurait été tellement maltraitée qu'un jour elle a fini par sauter par le balcon. Elle avait quatorze ans, selon les uns, seize selon ses employeurs. Elle était bonne à tout faire, esclave dans le Maroc du XXIème siècle et des premières élections libres.

  • Jeunesse, sida et islam au Maroc

    Une étude sociologique par un professeur de Fès qui décrit les nouveaux comportements sexuels des jeunes Marocains. Dernière la rigidité du système politique et des discours sociaux souvent conservateur, une véritable tolérance en matière sexuelle est apparue ces dernières années sans remettre en question l'ordre établi.