Maroc : l’heure de la division a-t-elle sonné au PJD ?

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Le Conseil national du Parti de la justice et du développement (PJD) tiendra une session extraordinaire les samedi et dimanche 20 et 21 mars dans un contexte marqué par des tensions au sein de cette formation politique. La division du parti semble inéluctable.

D’après l’ordre du jour, les 80 membres du Conseil national aborderont deux questions au cours de la prochaine session extraordinaire. Il s’agit de « la demande de démission du président du Conseil national Driss Azami et du vote sur celle-ci », et de « la prise des positions nécessaires à l’égard des récents développements politiques ». Contrairement aux années antérieures, la convocation à la réunion a été signée par le vice-président Abdelali Hamiddine, et non le président du conseil Driss Azami Idrissi.

Président de l’instance et député-maire de Fès, Driss Azami Idrissi, avait adressé le 25 février à Saâdeddine El Othmani une lettre de démission de la présidence, ainsi que celui du secrétariat général du parti. Dans cette correspondance rendue publique le 26 février, date de démission du ministre d’État chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, il disait « ne plus tolérer, comprendre, ni expliquer ou accepter ce qui se passe à l’intérieur du parti ». Le roi Mohammed VI avait, faut-il rappeler, refusé la demande du ministre, le 1ᵉʳ mars. Celle d’Azami Idrissi avait été refusée par le secrétariat général du PJD la veille, qui lui avait d’ailleurs « exprimé son attachement » afin qu’il « continue à occuper ses fonctions de président du Conseil national et membre du Secrétariat général ». Aussi, le secrétariat général du parti a-t-il décidé de « former un comité parmi ses membres pour lui rendre visite, discuter, et revoir cette question avec lui ». Reste à savoir si le conseil national accepterait la décision de son président.

Le prochain conseil national se penchera également sur « les récents développements politiques ». Allusion faite à la double annonce de l’ancien chef du gouvernement et patron des islamistes, Abdelilah Benkirane. Sur sa page Facebook, il a annoncé le « gel de son adhésion au PJD », et la «  rupture  » de sa relation avec son successeur Saâdeddine El Othmani, ainsi qu’avec les ministres du parti Mustapha Ramid, Mohamed Amekraz, Aziz Rebbah, et l’ex-ministre Lahcen Daoudi suite à l’adoption en conseil de gouvernement du projet de loi n°13.21 « portant usage légal du cannabis, le 11 mars dernier. Benkirane avait entre-temps menacé de « quitter définitivement » le PJD au cas où les parlementaires voteraient pour le projet de loi.

Jeudi, El Othmani a réagi à la décision. Il a appelé tous les membres « à ne pas commenter la question sur les réseaux sociaux », et à « ne faire aucune déclaration » au sujet de l’annonce de Benkirane, avec la promesse d’examiner lui-même cette question « afin de prendre les initiatives appropriées et d’une manière appropriée pour contribuer à faciliter la discussion ». Trop tard. Ce même jour, l’ex-ministre Lahcen Daoudi a, dans un entretien à l’hebdomadaire Al Ayam, commenté les propros de l’ancien chef du gouvernement. « Benkirane voulait dire : voici les personnes avec lesquelles il ne voudrait pas construire un avenir », a-t-dit.

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