L’Espagne expulse un agent de ses services secrets par peur d’un recrutement par le Maroc
Le service de renseignement espagnol (CNI) a révoqué un agent d’origine marocaine en août 2023 à Madrid. La justice vient de confirmer cette expulsion, invoquant un risque de recrutement par les services secrets de Rabat faute de loyauté envers l’Espagne.
L’expulsion s’est déroulée de manière brutale au siège du Centre national d’intelligence (CNI). Après quatre ans de service, cet agent contractuel a été fouillé par la sécurité interne, conduit aux ressources humaines, puis escorté vers la sortie sans pouvoir récupérer ses affaires. Cette décision radicale fait suite à une enquête interne d’un an révélant des failles de sécurité jugées critiques par la direction du centre.
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Le service de renseignement justifie ce renvoi par un « risque grave de sécurité », estimant que la loyauté de l’employé envers l’Espagne est, au minimum, « incertaine ». Selon les rapports internes cités par El Confidencial Digital, son mécontentement personnel et ses liens familiaux au Maroc pourraient être « détectés et utilisés par les services d’intelligence marocains ». Ses voyages non communiqués à l’étranger ont fini de sceller son sort auprès de sa hiérarchie.
L’enquête pointe également un comportement jugé incompatible avec les exigences du milieu. L’agent est accusé de ne ressentir « ni appréciation, ni respect pour l’institution » et d’avoir tenu des propos méprisants envers ses collègues et l’Espagne. De son côté, l’intéressé dénonce un harcèlement moral de la part de son supérieur et affirme que ses évaluations annuelles étaient pourtant positives jusqu’alors.
Saisie par l’ex-agent pour discrimination, l’Audience nationale espagnole a rejeté son recours fin mars 2026. Les magistrats ont souligné que le CNI exige une « confiance extrême » tout au long de la relation de travail. La justice estime que l’expulsion est motivée par la protection de la sécurité nationale et non par l’origine de l’employé, confirmant ainsi la perte de confiance de l’institution.
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Le plaignant ne compte pas en rester là et prévoit d’épuiser tous les recours, du Tribunal suprême jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme.