Maroc : une application de rencontre "Halal" fait polémique

- 11h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Ilyass Lakhrissi, ancien rappeur qui se présente aujourd’hui comme influenceur religieux, se retrouve au cœur d’une polémique après avoir lancé une application de rencontres halal visant à « faciliter le mariage entre musulmans pratiquants ».

Almaaqool. C’est le nom de l’application de rencontres halal lancée par Ilyass Lakhrissi alias Chekh Sar. Inspiré de l’application Tinder créée en 2012 et destinée au public marocain, cette application est loin de faire l’unanimité. L’application a pour cible les jeunes Marocains célibataires – hommes et femmes – souhaitant se marier, et ce, « conformément aux enseignements de l’islam », explique son créateur. L’abonnement pour 100 jours est facturé à 300 DH pour les hommes et 100 DH pour les femmes pour la même période. Les utilisateurs ont l’obligation de fournir des informations personnelles, notamment l’âge, un numéro de téléphone, un nom complet, une photo personnelle, la situation socioprofessionnelle, le niveau d’études, ainsi que des données sensibles liées à la couleur de la peau et à l’état civil, la pratique de la religion ainsi que la consommation d’alcool et de drogues.

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Sur la toile, des internautes marocains ont critiqué cette initiative. « Ce projet fait plus de mal que de bien, vous devez donc le reconsidérer et consulter les universitaires avant de le démarrer », commente un internaute sur Facebook. « Le mariage nécessite également un homme qui connaisse le sens du mariage et de la responsabilité », écrit un autre. D’autres internautes marocains font un pied de nez à Chekh Sar. « Que Dieu vous accorde le succès, frère Ilyass, mais ne faites rien avant de connaître la décision de Dieu à ce sujet. Consultez les universitaires et demandez leurs conseils », écrit un internaute.

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Des érudits et des experts islamiques n’ont pas manqué de réagir. « Il (en référence à Lakhrissi) défend farouchement le mariage des jeunes filles et des mineurs, prône fortement la polygamie et interdit aux femmes d’occuper des emplois et des responsabilités […] Mais il autorise certains d’entre eux à réaliser des projets de proxénétisme électronique, selon la Sunna de Dieu et de Son Messager, et permet aux deux sexes d’avoir des conversations privées et d’échanger des photos sous la supervision et la participation du ’propriétaire de l’application’ », a fait remarquer Mohamed Abdelouahab Rafiqui, chercheur en pensée islamique et conseiller du ministre de la Justice. Pour sa part, le prédicateur marocain Redouane Ben Abdeslam, également connu sous le nom de Redouan Zarghil dit être complètement en désaccord avec Lakhrissi et rejeter son application. Il a toutefois reconnu le rôle de Lakhrissi comme « une épine dans la gorge des méchants, des laïcs, des athées et des mouvements féministes obscènes » et son « grand talent et ses énormes efforts » dans l’œuvre caritative.

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