« Le Maroc n’est pas le concierge de l’Europe »

- 21h30 - Espagne - Ecrit par : G.A

L’entrée en masse des migrants en moins de 72 heures dans l’enclave espagnole de Ceuta, depuis certaines plages marocaines, sous le regard impuissant des forces de l’ordre, a envenimé la crise déjà palpable entre le Maroc et l’Espagne. Le Maroc à travers son ministre des Affaires Étrangères refuse de porter la responsabilité d’un tel flux migratoire.

Nasser Bourita est revenu ce weekend sur les tensions diplomatiques engendrées par le passage d’au moins 8 000 personnes dans l’enclave de Ceuta. Parmi elles, des mineurs, des familles entières. Accusé d’avoir volontairement laissé passer les migrants parmi lesquels de nombreux ressortissants marocains et subsahariens, le Maroc indiqué que ce n’est pas son rôle d’être le gardien des frontières qui ne sont pas les siennes. « Le Maroc n’a pas vocation à être le gendarme de l’Europe, ni son concierge », a déclaré Nasser Bourita sur LCI, avant d’ajouter : « Le Maroc le fait en partenaire. Si les fondements de ce partenariat ne sont pas respectés, il faut demander à l’Espagne, pays européen, s’il a consulté l’Europe avant d’agir contre les intérêts de ce partenaire ».

Les relations entre Rabat et Madrid se sont effritées depuis que les autorités espagnoles ont accueilli sur leur territoire Brahim Ghali, chef du Front Polisario, mouvement qui a repris les armes en novembre dernier en riposte à une opération militaire du Maroc.

Le Maroc qualifie son voyage de «  frauduleux  » et réclame une enquête «  transparente  » sur les conditions dans lesquelles il a été accepté et hospitalisé après avoir contracté le Covid-19. Madrid insiste sur le fait que son comportement n’a qu’un caractère humanitaire et ne saurait être qualifié de trahison envers son allié de tous les jours qu’est le Maroc.

Selon les explications fournies par Arancha Gonzalez Laya, la ministre espagnole des Affaires Étrangères, sur la radio nationale du pays, la justice espagnole a également rouvert cette semaine un dossier contre Brahim Ghali pour « crimes contre l’humanité ». Il s’agit d’une ancienne plainte déposée par une association sahraouie l’accusant de « violations des droits humains » sur des dissidents des camps de Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie.

  • Le Maroc a coupé tout contact avec l'Espagne

    Le Maroc « n'a pas eu de contact avec l'Espagne » depuis la crise migratoire à Ceuta, consécutive à l'entrée de Brahim Ghali sur le sol espagnol, a assuré dimanche, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères.

  • Brahim Ghali va mieux

    Un haut responsable « sahraoui » rassure sur l'état de santé du leader du Polisario, admis d'urgence dans un hôpital de Logroño, en Espagne, le 18 avril dernier. Il avait contracté le Covid-19.

  • Audition de Brahim Ghali : un début de satisfaction pour le Maroc ?

    Brahim Ghali, leader du Polisario, admis d'urgence dans un hôpital de Logroño le 18 avril dernier devra comparaître devant la justice espagnole ce mardi 1ᵉʳ juin. Il est accusé de tortures, de viols et d'atteintes aux droits de l'Homme. Cette audition pourrait apaiser un tant soit peu les tensions entre le Maroc et l'Espagne.

  • L'Espagne tente de calmer la crise diplomatique avec le Maroc

    Alors que Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger a mis en garde contre l'exfiltration de Brahim Ghali, son homologue Arancha Gonzalez Laya assure que le chef du Polisario répondra à la justice espagnole.

  • Nasser Bourita dénonce l'attitude de l'Espagne

    Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a dénoncé mercredi, l'attitude du gouvernement espagnol visant à « européaniser une crise exclusivement bilatérale » qui perdure entre le Maroc et l'Espagne. Il s'agit pour le ministre d'une fuite de responsabilité de la part de Madrid.

  • La comparution de Brahim Ghali se précise

    Le leader du Polisario, Brahim Ghali vient d'être fixé sur l'heure de sa comparution devant le juge d'instruction de Madrid, Santiago Pedraz Gomez. Elle aura lieu le 1ᵉʳ juin à 10:30 min par visioconférence.

  • Affaire Brahim Ghali : le début d'une longue crise entre l'Espagne et le Maroc

    La crise entre le Maroc et l'Espagne, née après l'accueil de Brahim Ghali dans un hôpital à Logroño, n'est pas près de connaitre son épilogue. Ce dimanche, Arancha González Laya, la ministre espagnole des Affaires étrangères, a indiqué que le leader du Polisario « retournera dans son pays quand il sera rétabli ».

  • L'Espagne écarte tout lien entre l'hospitalisation de Brahim Ghali et l'afflux massif de migrants à Sebta

    Arancha González Laya, ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération espagnole revient sur l'admission d'urgence de Brahim Ghali, patron du Polisario dans un hôpital de Logroño, non loin de Saragosse, sous le nom d'emprunt de Mohamed Ben Battouche, de nationalité algérienne. Elle écarte tout lien entre le désaccord avec Rabat sur ce sujet et l'arrivée de milliers de migrants marocains dans l'enclave espagnole de Sebta, lundi.

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    Le Parti Populaire (PP) a dénoncé mercredi, la gestion « catastrophique » du dossier Brahim Ghali par le gouvernement de Pedro Sánchez, et appelé à la démission « immédiate » de la ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya.

  • L'Espagne demande au Maroc de durcir les contrôles aux frontières

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