Maroc : les effets pervers de l’aide au logement

- 12h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

La députée du Parti du progrès et du socialisme (PPS) à la Chambre des représentants, Nadia Touhami appelle à une évaluation à mi-parcours du programme d’aide au logement, destiné aux ménages à revenus moyens et modestes, afin de corriger les disparités et garantir l’efficacité des subventions.

Dans une question écrite adressée à la ministre de l’Habitat, Nadia Touhami a exhorté le gouvernement à mener une évaluation à mi-parcours du programme d’aide au logement, après deux années de mise en œuvre. À l’en croire, cette étude permettra de corriger les lacunes notées et d’ajuster le dispositif afin d’impacter davantage de bénéficiaires. La parlementaire a fait part des effets pervers de l’uniformisation d’un prix de référence, calqué sur celui du foncier dans les grandes villes, soulignant que cette approche « entraîne une inflation artificielle des valeurs immobilières, réduisant ainsi le pouvoir d’achat des ménages modestes, particulièrement dans les villes intermédiaires ».

À lire : Maroc : découverte de fraudes massives au programme d’aide au logement

Depuis le lancement du programme en janvier 2023, les prix des logements ont augmenté, atteignant 250 000 dirhams pour un appartement d’une valeur initiale de 180 000 à 200 000 dirhams. D’autres biens estimés entre 350 000 et 400 000 dirhams sont désormais cédés à plus de 450 000 dirhams. Une inflation qui rend inefficace l’aide publique. La députée du PPS a également déploré la non prise en compte des disparités territoriales, des coûts de construction et des valeurs commerciales locales dans la mise en œuvre du programme, notant que ce « principe de discrimination territoriale positive […] aurait pu contribuer à atténuer les inégalités spatiales ».

À lire : Maroc : l’immobilier en pleine crise, les ventes s’effondrent

« Selon les députés, l’établissement d’un prix de référence adapté à chaque province et préfecture s’avère indispensable pour atteindre les objectifs fixés », écrit Al Ahdath Al Maghribia. La parlementaire a interrogé la ministre sur les statistiques disponibles sur ce programme depuis son lancement, ainsi que sur les mesures envisagées pour en élargir l’accès au plus grand nombre. Lancé en janvier 2023, le programme d’aide au logement vise à faciliter l’accès à la propriété aux primo acquéreurs à revenu modeste, résidents au Maroc ou à l’étranger.

  • Maroc : les MRE raflent près d'un quart de l'aide au logement

    Fatima Zahra El Mansouri, ministre de l'Aménagement du territoire, de l'urbanisme, de l'habitat et de la politique de la ville a récemment fait le bilan du programme d'aide au logement, indiquant que le nombre de bénéficiaires s'élève actuellement à 75 760, dont des Marocains de la diaspora.

  • Aide au logement : plus de 71 000 bénéficiaires, dont un quart issus de la diaspora marocaine

    À ce jour, le programme d'aide directe au logement enregistre quelque 71 114 bénéficiaires, dont 24 % sont des Marocains résidant à l'étranger (MRE), a affirmé Fatima Ezzahra El Mansouri, la ministre de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville.

  • Aide au logement au Maroc : les MRE raflent la part du lion

    Le programme gouvernemental d'aide directe au logement continue de susciter un fort engouement auprès des Marocains, notamment les Marocains résidant à l'étranger.

  • Maroc : ces logements de MRE qui restent vides !

    Les statistiques officielles révèlent une situation immobilière particulière dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Environ 334 000 logements y demeurent vides, ce qui représente 15,6 % du nombre total d'appartements inoccupés à l'échelle nationale. Une partie significative de ces biens appartient aux Marocains résidant à l'étranger.

  • Le logement est devenu un luxe inaccessible à Marrakech

    De nombreux jeunes Marocains en quête d'emploi se ruent vers Marrakech pour se construire un meilleur avenir. Mais ils sont très vite confrontés à une crise du logement et une flambée des loyers.

  • Aide au logement : ce qui va vraiment changer pour les Marocains à partir de 2026

    Trois ans après son lancement, le dispositif d'aide directe au logement fait peau neuve. À partir de 2026, l'État ajustera les critères d'éligibilité et de durée d'occupation pour contrer la spéculation, tout en élargissant l'accès aux propriétaires dans l'indivision.

  • Immobilier au Maroc : des loyers moins chers

    Le gouvernement marocain entend créer un produit immobilier adapté aux capacités financières de la classe moyenne, tout en garantissant des standards de qualité et de confort. Dans ce sens, il a lancé une mission d'assistance visant à organiser un marché national du logement locatif intermédiaire.

  • Ces grands chantiers vont complètement transformer l'immobilier au Maroc

    « Le secteur immobilier au Maroc a connu en 2023 une légère reprise, avec des prévisions de progrès significatifs à l'avenir grâce au Mondial 2030 et à la reconstruction des zones sinistrées par le séisme d'Al-Haouz », révèle le premier rapport annuel de l'Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l'État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics.

  • Immobilier au Maroc : une reconfiguration plus qu'une crise, selon les experts

    Malgré une baisse de 30 % des transactions au premier semestre 2025, le marché immobilier marocain reste stable. Pour un expert, il s'agit d'une reconfiguration plutôt que d'une crise. L'aide au logement et la solidité des acteurs soutiennent un secteur en pleine mutation structurelle.

  • Immobilier au Maroc : la réalité des prix qui s'envolent

    Alors que les données publiées par Bank Al-Maghrib (BAM) et l'Agence nationale de la conservation foncière indiquent une stabilité des prix des actifs immobiliers au niveau national durant le deuxième trimestre de l'année 2025, la réalité est tout autre. Les ménages marocains sont toujours confrontés à une hausse des prix de l'immobilier.