Maroc : après GenZ 212, un plan social en préparation
Face aux récentes manifestations de la jeunesse initiées par le collectif GenZ 212, le gouvernement veut accélérer les politiques sociales. Le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, évoque un vaste plan de développement, en coopération avec l’Espagne.
Le gouvernement marocain voit en les manifestations de jeunes qui ont secoué le royaume ces dernières semaines une opportunité. Le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, estime que ces protestations contribueront à « dynamiser » et « accélérer » les politiques publiques, comme l’a exhorté le roi Mohammed VI lors de son discours prononcé à l’ouverture de la session parlementaire. « Nous avons constaté une baisse des mobilisations, mais nous considérons que le discours du roi a donné une vision », a expliqué Baraka dans une interview accordée à Europa Press.
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Le ministre défend le « plan d’urgence » mis en place ces dernières années, dont l’objectif principal est de réduire les inégalités sociales et territoriales. Il rappelle que le roi Mohammed VI avait déjà mis en garde contre le risque d’avoir « un Maroc à deux vitesses » et que l’objectif du gouvernement serait désormais d’œuvrer pour un Maroc à « une seule vitesse » qui prend en compte la jeunesse. Un défi de taille quand on sait que le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 36,7 %.
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Baraka affirme que le gouvernement, non seulement « comprend » les protestations du collectif GenZ 212, mais les avait « prévues ». Le plan pour l’emploi figure parmi les grandes priorités, tout comme le développement des zones rurales où le taux de pauvreté avoisine encore les 12 %, soit le double de celui des zones urbaines, indique le responsable qui ajoute que son département s’emploie à combiner infrastructures et développement social afin d’« améliorer la situation » de tous et garantir leur « dignité », notamment des jeunes souvent tentés par l’immigration.
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Sur le plan migratoire, Baraka salue la coopération avec l’Espagne. Les forces de sécurité des deux pays travaillent comme « une seule équipe », s’est félicité le membre du gouvernement qui qualifie de « formidable » cette collaboration qui a permis de réduire l’immigration vers l’Europe. Mais l’Espagne peut jouer un rôle majeur dans le développement du Maroc, note-t-il en outre, rappelant que près d’un millier de petites et moyennes entreprises espagnoles sont déjà implantées au Maroc qui absorbe près de la moitié des exportations espagnoles vers l’Afrique. « Le Maroc est un marché très dynamique pour l’Espagne, ce qui contribue également à établir des liens importants », a-t-il insisté.
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L’Espagne pourrait soutenir le Maroc dans l’hydrogène vert, poursuit Baraka, qui ne manque pas d’évoquer le mégaprojet de tunnel sous le détroit de Gibraltar, lequel contribuerait à fluidifier le transit de personnes et de marchandises. L’ouvrage constituerait « un véritable pont entre l’Europe et l’Afrique ». Le ministre marocain évoque par ailleurs les bonnes relations entre les deux pays, mettant en avant les liens forts « d’amitié, de fraternité et de destin commun. » Pour Baraka, l’Espagne, qui a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara, ambitionne comme le Maroc de faire de la Méditerranée « une zone de prospérité et de stabilité ».