Maroc : doit-on appliquer la peine de mort aux pédophiles et violeurs ?

- 17h20 - Maroc - Ecrit par : G.A

Le viol et le meurtre du jeune Adnane à Tanger a poussé de nombreux Marocains à exiger que la justice applique la peine de mort à la personne qui serait reconnue coupable de ce crime atroce. Bien que choquée par la nature du crime, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) maintient sa position sur l’abolition de la peine de mort .

Le CNDH rappelle que « le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit » et qu’il « ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique ».Pour Amina Bouayach, la présidente du CNDH, « la peine de mort n’a jamais eu d’effet dissuasif, et ne fait au contraire, que nourrir le cycle de violence dans lequel la société, qui a érigé la logique de vengeance comme cadre pénal, est piégée  ».

Elle précise que même si dans le cas actuel, la peine de mort venait à être appliquée, la question de la pédophilie, du viol au Maroc reste posée. Le viol est qualifié de délit lorsqu’il est commis sans violence, et est passible d’une peine à la réclusion entre 2 à 5 ans. Il est qualifié de crime lorsqu’il est commis avec violence. Le code pénal est resté confus, sinon silencieux sur certains aspects de la question, le laissant à la discrétion du juge.

C’est d’ailleurs pour cela que le CNDH, selon sa présidente, avait appelé, dans son mémorandum relatif à l’amendement de la loi 10-16 du Code pénal, à la modification de la définition du viol afin qu’elle puisse englober, non seulement toutes les formes d’agression sexuelle, mais aussi alourdir les peines en cas de viol ou d’inceste. Le CNDH est préoccupé par la nécessité de mettre fin à «  l’ambiguïté et à l’impunité qui sont souvent associées à ces deux crimes  », surtout quand cela concerne les enfants et ceux qui ne peuvent pas clairement donner leur consentement.

  • Peine de mort : le CNDH appelle le Maroc à voter en faveur du moratoire universel

    Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) continue ses actions pour l'abolition de la peine de mort. C'est dans cette optique qu'il a suggéré au Maroc de voter en faveur de la résolution relative au moratoire universel sur l'application de la peine de mort, lors de la prochaine session de la 3ᵉ commission de l'ONU.

  • Maroc : Amina Bouayach plaide en faveur de l'abrogation de la peine de mort

    La présidente du Conseil national des droits de l'homme (CNDH) a salué le combat que mènent les défenseurs des droits de l'homme, contre la peine de mort au Maroc. Lors d'une rencontre tenue sous le thème « violations des droits de l'homme liées à l'application de la peine de mort, Amina Bouayach a rappelé la nécessité de protéger et d'assurer le droit à la vie à tous les Marocains.

  • Pour ou contre la peine de mort ? Le débat fait rage au Maroc

    La communauté internationale célèbre ce 10 octobre, la journée mondiale de lutte contre la peine de mort. Depuis quelques années, le Maroc s'est engagé sur la voie de son abolition, même si des condamnations à la peine de mort ont été prononcées pour certains crimes.

  • Maroc : briser les tabous pour lutter contre la pédophilie et les abus sexuels

    Depuis que certains réclament avec insistance la peine de mort comme punition exemplaire au coupable du viol et meurtre de Adnane, un enfant de 11 ans, ceux qui s'opposent farouchement à cette solution “extrême” appellent, d'abord, à lutter contre la pédophilie.

  • Maroc : peine de mort pour un pédophile

    Un homme âgé de 63 ans, reconnu coupable du viol et de l'assassinat d'un garçon de 12 ans à El Hajeb, a été condamné à la peine capitale par la chambre criminelle près le tribunal de première instance de Meknès.

  • Pédophilie : la faute à la société marocaine

    L'écrivain et militant des droits de l'Homme, Ahmed Assid invite la société marocaine à briser les tabous sur la pédophilie. Son appel intervient dans un contexte où le débat sur la peine de mort gagne du terrain, après le meurtre du petit Adnane.

  • Application de la peine de mort dans l'affaire Adnane : Mostapha Ramid appelle au respect de la vie humaine

    Depuis quelques jours, les Marocains sont divisés sur la question de l'application de la peine de mort. Le ministre d'État chargé des droits de l'Homme, Mustapha Ramid s'est invité dans le débat, en donnant son avis sur le sujet.

  • Maroc : des peines de 30 ans de prison pour les pédophiles ?

    Depuis le viol et le meurtre du jeune Adnane, les voix ne cessent d'appeler au renforcement de l'arsenal juridique afin que les crimes contre les enfants soient punis sévèrement. Le PPS propose que l'abus sexuel contre les mineurs de moins de 18 ans soit puni d'une peine allant de 30 ans jusqu'à la perpétuité.

  • Peine de mort : les abolitionnistes marocains se font entendre

    L'assassinat du petit Adnane à Tanger relance le débat sur la peine de mort. Dans le tumulte de la guerre des positions, l'Alliance marocaine pour l'abolition de la peine de mort rejette la peine capitale.

  • Le meurtre d'Adnane Bouchouf remet sur le tapis la question de la peine capitale

    Après l'indignation et le choc, le viol suivi du meurtre du jeune Adnane Bouchouf a fait ressortir du tiroir, le vieux débat sur l'application de la peine capitale. Dans l'opinion publique, beaucoup estiment que pour des crimes d'une telle inhumanité, la peine de mort est la plus appropriée.